Ma voisine, la voyeuse
Quand je suis chez moi et qu'il ne fait pas froid, je suis souvent nue. J'aime ça. Surtout quand je passe devant le miroir de l'armoire de ma chambre. Je ne suis ni narcissique ni amoureuse de moi-mĂȘme mais me voir nue, m'excite assez. J'aime voir mes seins que je trouve trĂšs beaux ainsi que mon pubis recouvert de velours noir et aussi le sentir Ă l'air libre. Et de plus quand j'ai envie de me masturber, je suis... comment dirait-on... prĂȘte, Ă pied Ćuvre ; je m'allonge sur mon lit et je me fais un petit plaisir. Que dis-je, un petit plaisir, un grand ! La masturbation est ma passion, un des plaisirs dont je ne pourrais pas me passer.
Justement, l'annĂ©e derniĂšre, pendant l'Ă©tĂ©, un peu avant mes trente-deux ans, alors qu'il faisait trĂšs chaud, j'Ă©tais la majeure partie du temps nue chez moi et j'essayais de faire des courants d'air dans la maison en ouvrant les fenĂȘtres. L'air que lâon sentait circuler Ă©tait chaud, certes, mais un petit vent, mĂȘme un peu plus que tiĂšde, nous enlevait cette sensation d'Ă©touffement. J'habite au deuxiĂšme Ă©tage d'un immeuble et, alors que les fenĂȘtres de la cuisine et dâune chambre donnent sur la rue, les fenĂȘtres de ma chambre ainsi que celles du salon et de la salle de bain donnent sur une petite cour intĂ©rieure de l'autre cĂŽtĂ© de laquelle il y a un autre immeuble qui n'a rien Ă voir avec le mien. Je ne fais pas exprĂšs d'ouvrir les fenĂȘtres quand je me balade Ă poil chez moi mais lorsque jâai dĂ©cidĂ© de me mettre dans cette tenue, je me dis aprĂšs tout, tant pis si l'on me voit ainsi car je pense que le spectacle fugace et involontairement ainsi offert ne fera certainement pas perdre la vue Ă qui que ce soit.
Un jour que je me masturbais sur le lit, j'ai cru voir par la fenĂȘtre les rideaux bouger au troisiĂšme Ă©tage de l'immeuble d'en face. Je me suis relevĂ©e pour aller fermer la fenĂȘtre et la mettre Ă l'espagnolette tout en essayant de vĂ©rifier si j'avais eu des hallucinations. Mon impression s'Ă©tait confirmĂ©e, ils avaient bien bougĂ© et il m'a semblĂ© que c'Ă©tait la voisine d'en face qui regardait. Il Ă©tait environ seize heures. Je ne sais pas si c'Ă©tait la premiĂšre fois qu'elle regardait ou si ça s'Ă©tait dĂ©jĂ produit, en tout cas c'Ă©tait la premiĂšre fois que je le constatais. Pour vĂ©rifier, j'ai recommencĂ© le lendemain Ă peu prĂšs Ă la mĂȘme heure. Tout en me masturbant, j'essayais discrĂštement de jeter un Ćil pour voir si elle Ă©tait encore lĂ . Je la distinguais mal mais je devinais sa prĂ©sence derriĂšre ses rideaux.
Je voulais ĂȘtre sure qu'elle m'avait vue et qu'elle jouait les voyeuses par envie et non pas parce que mon apparition Ă ses yeux avait Ă©tĂ© accidentelle. Alors, pendant plusieurs jours de suite vers la mĂȘme heure, j'allais me branler sur le lit en essayant de donner l'impression de me sentir seule et tranquille pour mes jeux, tout en essayant discrĂštement de vĂ©rifier qu'elle Ă©tait lĂ , Ă mâĂ©pier. Elle avait probablement dĂ» penser que c'Ă©tait l'heure de mon cĂąlin quotidien et qu'en consĂ©quence elle s'Ă©tait organisĂ©e, car tous les jours qui ont suivi, me lâont montrĂ©e fidĂšle au poste d'observation. AprĂšs quelques jours de ce manĂšge je ne suis pas allĂ©e sur mon lit pour mon petit plaisir quotidien mais je suis allĂ©e dans la salle de bain regarder derriĂšre mes rideaux si elle aussi Ă©tait derriĂšre les siens. J'ai fait durer un peu mon absence de la chambre. Elle restait lĂ Ă attendre que j'arrive en ouvrant un peu plus ses rideaux âcomme si, pensant que je n'y Ă©tais pas, elle ne risquait rien Ă les Ă©carter davantage pour mieux voirâ et s'assurer que je n'Ă©tais toujours pas venue dans mon lit. Au bout d'un quart d'heure, j'Ă©tais absolument sure qu'elle m'attendait et que sa prĂ©sence derriĂšre les rideaux n'Ă©tait pas accidentelle. Elle attendait vraiment pour me voir.
J'Ă©tais ravie. Tu peux difficilement imaginer comme j'Ă©tais heureuse. J'avais une spectatrice et je pouvais maintenant me branler sans aucune pudeur, sans aucune honte, faire comme si j'Ă©tais sure et certaine d'ĂȘtre tranquille chez moi pour me livrer sans aucune retenue Ă mon plaisir favori. Mais moi, en sachant quand mĂȘme que jâĂ©tais observĂ©e, j'en Ă©prouvais une extraordinaire excitation. Et je peux te dire que je ne m'en suis pas privĂ©e. A chaque fois que je me branlais sur mon lit je faisais attention pour ĂȘtre bien visible. Cela ne veut pas dire que je me tournais ostensiblement vers la fenĂȘtre car on aurait tout de suite devinĂ© que mon attitude n'Ă©tait pas naturelle et que le spectacle que j'offrais Ă©tait intentionnellement destinĂ© Ă ma voyeuse et donc que jâavais devinĂ© sa prĂ©sence. Non, je voulais que la scĂšne restĂąt apprĂ©hendĂ©e comme fortuite, et qu'elle ne soit perçue que comme une activitĂ© sexuelle, la mienne, surprise Ă mon insu pendant son exĂ©cution. Je m'allongeais ou m'asseyais comme d'habitude mais j'avais Ă cĆur de faire des gestes plus amples. Par exemple, alors que d'habitude je me branle en titillant rapidement mon clitoris avec les doigts, ce qui n'entraĂźne que des mouvements de faible amplitude, donc moins visibles de loin, lĂ , je me branlais avec les jouets que d'habitude je me fourre dans le cul : godes souples en forme de queue, vibros, etc... et mĂȘme par la suite, de plus en plus excitĂ©e par la situation, je me suis mise Ă utiliser des courgettes, bref il me fallait des choses qui demandaient, pour me branler, de faire des mouvements plus grands et plus visibles qu'un titillement entre les cuisses.
Tu ne peux pas savoir combien tout cela m'a excitĂ©e ni tout ce que j'ai pu imaginer pour tenter de l'exciter et rendre mon spectacle addictif. Par exemple, je me mettais Ă genoux Ă©cartĂ©s sur mon lit, penchĂ©e en avant, la tĂȘte posĂ©e sur le lit et les fesses en l'air et je m'enfonçais dans le cul une petite courgette jusqu'Ă la moitiĂ© et l'y laissais lĂ , dressĂ©e, pendant qu'Ă l'aide d'un gode assez long dans le vagin, je me branlais jusqu'Ă ce que je jouisse ; ou alors je me branlais avec un long gode devant un miroir en m'excitant de plus en plus Ă la vue du spectacle que je m'offrais jusqu'Ă ce que j'explose et me laisse envahir par un plaisir qui me laissait terrassĂ©e sur mon lit. C'est vraiment dommage que je ne sois pas assez souple car si j'avais pu me faire jouir en me lĂ©chant la chatte, je te jure que je l'aurais fait volontiers. LĂ©cher ma propre chatte a toujours Ă©tĂ© un de mes fantasmes ; hĂ©las, Ă mon grand dĂ©sespoir, ce n'est pas dans mes capacitĂ©s physiques ! Ce petit jeu a bien durĂ© une quinzaine de jours. Je crois que j'Ă©tais comme elle : j'attendais avec impatience ce rendez-vous avec moi-mĂȘme et avec ma voyeuse. Pour ma part, j'y pensais dĂšs le matin. Quels Ă©taient les jeux et quels Ă©taient les gestes qui pouvaient bien lâexciter ? Et je me demandais souvent de quelle façon j'allais, Ă seize heures, me branler devant elle.
Petit Ă petit, l'idĂ©e de me branler devant elle a fait son chemin. J'Ă©tais sure maintenant qu'elle aimait me regarder. Elle ne serait pas restĂ©e fidĂšle Ă son poste d'observation pendant plus de quinze jours consĂ©cutifs si la premiĂšre fois, elle m'avait vue accidentellement ou si ça la choquait ou lui dĂ©plaisait de me voir me branler. Si elle Ă©tait lĂ tous les jours c'est que ça lui plaisait ou peut-ĂȘtre mĂȘme, l'excitait. Pour ma part, j'adorais ĂȘtre vue quand je me masturbais et jouissais. Cette idĂ©e me trottait dans la tĂȘte et, dans mon fantasme, la distance entre sa fenĂȘtre et celle ma chambre diminuait petit Ă petit jusqu'Ă ce que brusquement jaillisse cette idĂ©e : et si j'allais me branler devant elle... mais chez elle ? En reprenant mes esprits j'ai tout de suite refoulĂ© l'idĂ©e ; mais plus je l'Ă©cartais du champ des possibles, plus elle me revenait avec des arguments convaincants.
Enfin quoi ! Visiblement elle aimait me regarder me branler. La premiĂšre ou la deuxiĂšme fois, je ne dis pas, ça peut ĂȘtre de la curiositĂ©. Mais au bout d'une quinzaine de jours, ce n'Ă©tait plus de la curiositĂ© ; c'Ă©tait qu'elle aimait voir, regarder, mater. De mon cĂŽtĂ©, j'adorais qu'elle me regarde me branler. Câest comme si je partageais un moment dâintimitĂ© avec quelquâun . Est-ce que me branler devant elle mais chez elle aurait altĂ©rĂ© nos goĂ»ts et nos penchants ? Non ! Ou peut-ĂȘtre si, mais seulement en les amplifiant, vu la proximitĂ©. Oui, mais comment faire ? Le comment m'a tracassĂ© pendant plusieurs jours et quand j'allais Ă mon rendez-vous de seize heures sur mon lit, j'Ă©tais encore plus excitĂ©e car Ă chaque fois que je me branlais, je m'imaginais qu'elle Ă©tait Ă cĂŽtĂ© de moi, assise sur le lit pendant qu'en toute impudeur, je m'offrais Ă son regard, ce qui amplifiait d'autant plus mon orgasme. Je jouissais pour elle.
Il mâa fallu encore deux ou trois jours avant que je me dĂ©cide Ă faire quelque chose. Je me suis posĂ© beaucoup de questions : comment faire ? Quâallais-je lui dire et comment lui dire ? Comment pouvait-elle rĂ©agir, vu le peu de connaissance que jâavais dâelle ? Quels Ă©taient les risques ? Et puis ce n'Ă©tait pas facile pour moi d'aborder quelqu'un pour la premiĂšre fois en lui avouant mes petits travers. D'un autre cĂŽtĂ© ce n'Ă©tait pas Ă©vident non plus qu'elle aussi, avoue les siens. Un mauvais contact pouvait tout gĂącher et entraĂźner des dĂ©nĂ©gations de sa part, dĂ©nĂ©gations qui auraient inexorablement compromis une suite possible. AprĂšs avoir tournĂ© et retournĂ© le tout dans ma tĂȘte, jâen suis arrivĂ©e Ă la conclusions que le seul risque possible ne pouvait ĂȘtre, au pire, quâun refus.
Le lendemain matin vers les dix heures, je suis donc sortie de chez moi, ai fait le tour du pĂątĂ© de maisons pour aller dans le boulevard oĂč se trouvait lâentrĂ©e de son immeuble. Et je suis montĂ©e au troisiĂšme Ă©tage. ArrivĂ©e sur le palier il y avait deux portes mais je ne savais pas laquelle Ă©tait celle de son appartement. Il me semblait bien que câĂ©tait elle de gauche mais je nâen Ă©tais pas sure. Jâai Ă©coutĂ© aux deux portes : silence total. Je me suis dit que jâallais attendre que quelquâun arrive ou sorte dâun appartement pour dĂ©duire lequel Ă©tait le sien. Jâai donc sorti un livre de mon sac, je me suis assise sur le palier, les pieds posĂ©s deux marches en dessous et je me suis mise Ă lire en attendant. Jâavais du mal Ă fixer mon attention sur la lecture. Les aleas de ce qui allait se produire me travaillaient. Et jâai dĂ» au moins une bonne dizaine de fois me ressaisir et revenir Ă ma lecture.
Il sâĂ©tait bien Ă©coulĂ© une demie heure ou trois quarts dâheure depuis que jâavais commencĂ© ma lecture quand jâai entendu monter dans les escaliers. Ce nâĂ©tait pas mon jour de chance car avançant la tĂȘte pour voir qui arrivait, jâai nâai pas vu une personne mais ai vu un couple monter et⊠sâarrĂȘter au troisiĂšme Ă©tage aprĂšs que je me sois un peu poussĂ©e sur le cĂŽtĂ© pour les laisser passer. La femme, il mâa semblĂ© la reconnaĂźtre et jâĂ©tais presque sure que câĂ©tait elle dâautant plus que je lâai sentie surprise de me voir lĂ . Quand on monte dans un escalier et quâon trouve une jeune femme assise sur un palier, ça me semble naturel quâon se dise : « tiens, quâest-ce quâelle fait lĂ ? » Mais je nâai pas eu le sentiment que sa surprise Ă©tait due au fait de voir une personne assise sur un palier Ă attendre. Jâavais senti quâelle mâavait reconnue elle aussi et donc, grosse surprise, un peu comme si je reprĂ©sentais une menace pour elle. « Que venait-elle donc faire lĂ ? » a-t-elle dĂ» se dire en me voyant. Quant Ă lâhomme, je me suis rassurĂ©e en le voyant car aprĂšs lui avoir souhaitĂ© une bonne journĂ©e il sâest dirigĂ© vers lâautre porte que celle quâelle sâapprĂȘtait Ă ouvrir. Elle a dâailleurs pris tout son temps pour le faire. A mon avis elle traĂźnait pour laisser le temps Ă son voisin de rentrer chez lui. Une fois celui-ci disparu, jâai tout de suite pris lâinitiative de la conversation.
â Bonjour, est-ce que je peux vous demander quelque chose ?
â Euh... oui, de quoi sâagit-il ? Mâa-t-elle dit lâair un peu inquiet.
â Vu ce que jâai Ă vous dire, je crois quâil vaudrait mieux en discuter chez vous, Ă moins que vous ne prĂ©fĂ©riez que nous en parlions devant un cafĂ© au cafĂ© du coin. Que prĂ©fĂ©rez-vous ?
AprÚs une petite hésitation :
â Bon, rentrez je vais vous prĂ©parer un cafĂ©.
Elle mâa proposĂ© de mâasseoir sur le canapĂ© de son salon le temps quâaille prĂ©parer ce cafĂ©. Pendant ce temps lĂ , assise, je regardais partout. CâĂ©tait arrangĂ© avec un goĂ»t un peu diffĂ©rent du mien mais pas dĂ©plaisant. En posant les yeux sur la fenĂȘtre, je reconnus ces rideaux. CâĂ©tait donc dâici quâelle me regardait ! Lâenvie mais le trac aussi commençait Ă monter. Je dĂ©cidais donc dâaborder moi-mĂȘme la conversation dĂšs quâelle reviendrait. Câest plus facile dâen avoir le contrĂŽle quand on prend les initiatives.
Elle est revenue avec une cafetiĂšre et deux tasses ainsi quâune coupelle contenant du sucre sur un plateau quâelle a posĂ© sur la table basse le temps dâaller prendre une chaise, la mettre face Ă moi de lâautre cĂŽtĂ© de la table, de sâasseoir et de me regarder dâun air interrogateur, lâair de dire : « Mais enfin, de quoi sâagit-il ? »
Jâai pris une grande inspiration et en mâadressant Ă elle, je lui ai dit :
â Sâil vous plait, je vous demanderai tout dâabord de bien vouloir me laisser parler sans m'interrompre, me rĂ©pondre et sans dire quoi que ce soit car ce nâest pas facile pour moi. Mais quand jâaurai fini, jâaimerais que vous me rĂ©pondiez franchement et en toute sincĂ©ritĂ©.
â Dâaccord, mais de quoi sâagit-il ?
Ffffff ! Son « de quoi sâagit-il ? » avait vraiment de quoi refroidir lâambiance que jâaurais aimĂ©e intime, chaleureuse, bienveillanteâŠ
â VoilĂ , dis-je pour commencer et me donner du courage. Il mâa semblé⊠enfin, je veux dire que je suis presque certaine que⊠pendant mes moments dâintimitĂ© dans ma chambre qui est en vis-Ă -vis avec cette fenĂȘtre-ci, disĂ©-je en la montrant du doigt, jâai eu le sentiment que vous mâobserviezâŠ
Je lâai sentie se raidir un peu et pour Ă©viter quâelle ne reprenne la parole, jâai enchaĂźnĂ© :
â Jâai eu le sentiment que vous mâobserviez⊠et ça mâa fait trĂšs plaisir lui ai-je dit avec empressement et avec un grand sourire pour la rassurer que la conversation n'allait pas tourner en reproches. On ne va pas se mentir et continuer ad vitam ĂŠternam Ă faire semblant de jouer au chat et Ă la souris. Je vais ĂȘtre trĂšs sincĂšre avec vous : si cela vous fait plaisir de me regarder, moi ça me fait trĂšs plaisir que vous me regardiez. Je suis comme ça, je nây peux rien. Jâaime quâune femme me regarde quand je me fais jouir. Et franchement, si ça vous a satisfaite aussi, tant mieux car ça voudrait dire que nous sommes complĂ©mentaires et que lâon pourrait peut-ĂȘtre faire en sorte dây trouver satisfaction toutes les deux.
Bien que jâen doute, il se peut que je me sois totalement trompĂ©e et si câĂ©tait le cas, je vous prierai de bien vouloir mâexcuser pour cette proposition. Je vous aurai dĂ©voilĂ© Ă tort une partie de mon intimitĂ© qui nâa rien de particuliĂšrement choquant mais qui peut trĂšs bien ne pas vous convenir du tout. Si câest le cas dites-le moi franchement et acceptez encore une fois mes excuses de vous avoir ainsi abordĂ©e.
Mais sincĂšrement, si vous avez Ă©prouvĂ© une quelconque satisfaction Ă me regarder derriĂšre vos rideaux, nâayez surtout pas peur ni honte de me le confier. Soyez assurĂ©e que je ne porterai sur vous aucun jugement pour ce goĂ»t que vous avez car, soit dit entre nous, je serais mal avisĂ©e dâen avoir un puisquâil me fait plaisir Ă moi aussi. Et je me disais, si câĂ©tait le cas, plutĂŽt que me regarder dans ma chambre, de loin et Ă travers vos rideaux, pourquoi ne regarderiez-vous pas de plus prĂšs, devant vous, Ă portĂ©e de main ?
Je me suis arrĂȘtĂ©e et, en prenant ma tasse Ă cafĂ© pour en boire une gorgĂ©e avant quâil ne soit froid, je lâai regardĂ©e comme si jâattendais une rĂ©ponse.
â Euh⊠dit-elle comme surprise de la proposition Ă laquelle elle ne s'attendait certainement pas et aussi gĂȘnĂ©e d'avoir Ă rĂ©pondre Ă une question aussi directe.
Finalement, avant quâelle nâaille plus loin et aussi par peur dâun refus, jâai immĂ©diatement repris la conversation, ou plutĂŽt le monologue.
â Je ne suis pas venue avec lâidĂ©e de vous offrir immĂ©diatement un spectacle. Jâavais avant tout lâenvie dâen discuter avec vous, de vous confier que ça me fait vraiment trĂšs trĂšs plaisir de vous avoir rencontrĂ©e et que si la proposition que je vous fais de venir le faire devant vous ne vous convient pas, ça ne me gĂȘne pas du tout, bien au contraire, que vous continuiez Ă me regarder dans ma chambre Ă partir dâici mais Ă vrai dire, jâĂ©prouverai beaucoup plus de plaisir âet je suppose que vous aussiâ si je vous sentais proche de moi pendant que je mâamuse Ă me faire plaisir. Proche de moi, soit chez moi, soit chez vous. Je ne suis pas venue vous voir avec lâespoir dâavoir une rĂ©ponse immĂ©diate. Je suis venue vous voir pour vous confirmer que nous avons des goĂ»ts complĂ©mentaires et que jâai vraiment apprĂ©ciĂ© que vous me regardiez, pour en parler avec vous, pour vous proposer une autre forme de relation car, ne le niez pas, depuis quelques semaines nous avons toutes les deux une sorte de relation particuliĂšre et qui plus est, particuliĂšrement plaisante ; distante, certes, mais intime, quand mĂȘme ! Je me disais que vous pouviez prendre le temps de rĂ©flĂ©chir et voir si cette relation ne pouvait pas Ă©voluer avec un peu plus de proximitĂ©. Personnellement, jâapprĂ©cierai beaucoup. Maintenant je ne veux absolument pas vous inciter Ă faire des choses que vous nâavez pas envie de faireâŠ
LĂ , jâai dĂ©cidĂ© dâattendre sa rĂ©ponse, quelle quâelle fĂ»t.
â Cela me gĂȘne beaucoup et je ne sais que vous rĂ©pondre. Câest vrai que câest par hasard que je vous ai surprise en train de ⊠enfin⊠et que ça mâa remuĂ©e⊠et Ă©moustillĂ©e, mĂȘme. Câest vrai aussi quâen vous revoyant le lendemain, je me suis mise Ă penser et Ă souhaiter que ce soit votre habitude⊠Câest difficile pour moi aussi de devoir lâadmettre mais câest vrai que jâĂ©prouve une satisfaction certaine Ă regarder un couple ou une personne dans son intimitĂ©. Vous avez eu la franchise de mâavouer avoir un tempĂ©rament un peu... exhibitionniste, disons ; ce ne serait pas honnĂȘte vis-Ă -vis de vous de ne pas reconnaĂźtre mon dĂ©fautâŠ
â Mais ce nâest pas un dĂ©faut ! Câest pour moi une qualitĂ© et je suis ravie que vous lâayez ! Ce serait un dĂ©faut si les personnes que vous regardez voulaient prĂ©server leur intimitĂ© et que vous fassiez tout pour outrepasser leur souhait. Mais si vous prenez du plaisir Ă me regarder et que cela coĂŻncide avec le mien, il nây a pas de dĂ©faut ! Il y a seulement deux personnes qui ont trouvĂ© un terrain dâentente, une complĂ©mentaritĂ©. HonnĂȘtement, moi ça me fait plaisir de me masturber devant vous ! A la limite pour pourriez me dire vous aussi que je suis perverse. Allez-vous me considĂ©rer avec un regard outrĂ© parce que je satisfais une de vos tendances que justement jâapprĂ©cie ? Mon Dieu, non ! Tant que cela reste entre personnes consentantes, que ça ne cause de tort Ă personne mais nous procure du plaisir Ă toutes les deux, je pense quâil nây a pas lieu de se torturer lâesprit. Restons simples et acceptons le fait. Faisons-nous plaisir et permettez-moi de vous montrer de prĂšs ce que vous nâavez vu jusquâici que de loin.
â âŠ
â Je sens que vous hĂ©sitez encore, je me trompe ?
â Je ne sais pas⊠Mais... euh... ⊠vous le feriez, lĂ ? Maintenant ?
Mon cĆur se mit Ă battreâŠ
â Vous aimeriez ?
â ⊠... âŠĂ vrai dire, oui.
Je lâai regardĂ©e et lui ai fait un sourire qui me venait du fond des tripes, un sourire de soulagement, un sourire de libĂ©ration aprĂšs un bon moment de tension, un sourire qui a dĂ» trĂšs probablement lui enlever ses derniers scrupules en lui montrant que son acquiescement me faisait trĂšs plaisir. Je nâarrĂȘtais pas de la regarder tellement son petit « oui » timide mâavait chamboulĂ©e. Un petit « oui » dans lequel, bien que le mot fĂ»t court, on sentait une vraie envie mais encore toute pleine de retenue. Je la trouvais belle tout dâun coup. Elle devait avoir environ ******* de plus que moi. Son visage qui jusquâici ne mâinspirait guĂšre que celui dâune personne Ă convaincre et donc, potentiellement non encline Ă suivre mes envies ; je le voyais maintenant beaucoup plus cordial, plus avenant, plus beau. Je le percevais comme celui dâune personne dâores et dĂ©jĂ prĂ©disposĂ©e Ă partager mes penchants et mes goĂ»ts. Je voulais ĂȘtre sure dâavoir bien entendu et rĂ©pĂ©tais :
â Câest bien vrai ? Vous aimeriez vraiment ?
â Oui, sâenhardit-elle, dâune voix plus affermie, probablement rassurĂ©e sur le fait que jâapprĂ©ciais son inclination et ne portait sur elle aucun jugement nĂ©gatif ou rĂ©probateur.
Je me suis alors levĂ©e du canapĂ©, ai contournĂ© la table basse de salon, me suis mise devant elle et lui ai posĂ© les mains sur les Ă©paules, lui intimant ainsi par ce geste de rester assise. Puis, jâai pris le plateau avec les tasses Ă cafĂ©, lâai posĂ© sur la grande table de la salle Ă manger-salon et je suis revenue Ă ma place pour prendre la table basse et la dĂ©placer sur le cĂŽtĂ© afin quâil nây ait plus rien entre sa chaise et le canapĂ©. Je suis revenue vers elle, comme si jâallais me mâinstaller Ă nouveau sur le sofa, mais au lieu de mâasseoir, jâai commencĂ© Ă dĂ©boutonner mon jean. DĂ©jĂ quâil faisait chaud, la situation que jâavais installĂ©e nâavait rien en elle-mĂȘme qui pĂ»t rafraĂźchir lâatmosphĂšre. Je lâai vue avaler sa salive. Jâavais la peau un peu moite. De ce fait, en descendant petit Ă petit mon jean de mes hanches, ma culotte avait du mal Ă sâen dĂ©tacher et descendait en mĂȘme temps que lui. Un instant, jâai voulu les sĂ©parer tous les deux pour commencer Ă nâenlever que le jean. Mais tout compte fait, jâai laissĂ© venir comme ça. Essayer quand mĂȘme mâaurait obligĂ©e Ă des contorsions qui auraient rompu le charme de lâeffeuillage et de plus, ça pouvait donner lâimpression au premier abord, mĂȘme si lâon se rendait compte de lâerreur par la suite, que me trouvant nue en baissant le jean, je ne portais pas de culotte, ce qui donne toujours un petit cĂŽtĂ© coquin et qui mâarrive parfois.
Le jean sur les chevilles, je me suis assise pour retirer mes chaussures et pouvoir enfin me dĂ©barrasser de ce vĂȘtement. Toujours assise et sans la quitter des yeux, jâai ouvert quatre boutons de mon chemisier en nâen laissant boutonnĂ©s que deux. Puis jâai lentement glissĂ© mes mains le long de mes cuisses nues, jusquâaux genoux, ai basculĂ© les mains vers lâintĂ©rieur pour les ramener vers moi en caressant lâintĂ©rieur des cuisses tout en les Ă©cartant lentement mais en mesurant bien lâallure pour quâen fin de course, les mains quasiment sur mon sexe, jâaie les genoux bien Ă©cartĂ©s, ouverts Ă la vue de ma spectatrice. Je me suis laissĂ©e aller en arriĂšre pour mâadosser et mâinstaller confortablement sur le divan, les yeux fermĂ©s, la tĂȘte en arriĂšre reposant sur le dossier et jâai commencĂ© Ă me branler avec voluptĂ© comme si jâĂ©tais seule en mâabandonnant avec plaisir Ă son regard.
JâĂ©tais heureuse. Heureuse et excitĂ©e Ă la fois. Jâavais les yeux fermĂ©s mais je la sentais lĂ , Ă deux pas en train de mâobserver. Je lâimaginais la bouche ouverte, le souffle court, avalant avec difficultĂ© sa salive, ses yeux me parcourant le corps de la gorge aux pieds en sâattardant sur mes seins quâon ne voyait pas pleinement mais quâon devinait dans la grande Ă©chancrure du chemiser, sur mon ventre qui palpitait, sur mon sexe et mes doigts qui sâactivaient sur mon petit bouton du plaisir. Je la devinais me dĂ©vorant des yeux. Et moi, jâĂ©tais lĂ , Ă moins dâun mĂštre en train de me branler dĂ©licieusement devant elle, jouissant dĂ©jĂ du plaisir que jâĂ©prouvais Ă me montrer devant elle en toute impudeur. Jâavais aussi lâimpression diffuse que jâinstallais entre nous une sorte de complicitĂ©. Pour moi, câest une forme de confiance absolue que de se branler devant quelquâun. On partage avec elle son intimitĂ© sans crainte dâĂȘtre jugĂ©e, en Ă©tant soi, tout simplement. Câest une preuve de confiance quâon lui donne. J'Ă©tais heureuse et une sensation de chaleur, autre que climatique cette fois-ci, m'envahissait. Une sensation de chaleur liĂ©e Ă l'excitation qui vous embrase quand l'un de vos fantasme devient rĂ©alitĂ©. J'Ă©tais en train de me branler et j'avais une spectatrice Ă portĂ©e de main. Mais une vraie spectatrice, pas quelqu'un qui m'avais surprise par hasard, non, une femme qui restait lĂ volontairement et prenait vraiment plaisir Ă me voir me masturber. Jâai adorĂ© cet instant lĂ .
La situation m'excitait tellement que je mouillais de plus en plus et le titillement de mes doigts sur mon clitoris et mes lĂšvres faisait entendre un clapotis de plus en plus fort mais aussi de plus en plus excitant. J'avais l'impression de ne plus entendre que ce clapotis de plaisir. J'ai lĂ©gĂšrement relevĂ© la tĂȘte du dossier du sofa pour la regarder. On aurait dit qu'elle me dĂ©vorait des yeux. Tu peux difficilement imaginer comme j'Ă©tais heureuse. Elle a fini par quitter les yeux de mes doigts qui s'activaient de plus en plus vite sur mon sexe pour les lever plus haut, mon ventre palpitant, mes seins Ă peine cachĂ©s et finir par se faire prendre par mon regard. Je continuais Ă me branler tout en la regardant droit dans les yeux et en lui souriant, reconnaissante envers elle qui allait assister Ă mon orgasme. La situation Ă©tait trop excitante pour moi pour que je puisse continuer encore longtemps. Je sentais dans le ventre des vagues Ă©normes qui se prĂ©paraient. Alors je lui ai tendu ma main gauche, libre, pour lui faire comprendre qu'elle me donne la sienne parce que j'allais bientĂŽt jouir. Complice, elle me l'a donnĂ©e et je l'ai serrĂ©e de plus en plus fort au fur et Ă mesure que l'orgasme commençait Ă m'emporter. Je ne pouvais plus la quitter des yeux pendant que je jouissais. Je ne pouvais plus parler, je haletais et c'Ă©tait mes yeux qui la regardaient avec intensitĂ© comme pour dire : « Oh, ma chĂ©rie, merci de me regarder jouir, merci de me donner tant de plaisir ! Regarde bien ce que ta prĂ©sence dans ce moment si intime provoque en moi. Je jouis pour toi et je t'offre cette jouissance car c'est Ă toi que je la dois. Merci de cette complicitĂ© que tu as bien voulu installer. Je t'aime. »
Pendant les vingt Ă trente secondes quâa durĂ© mon orgasme, j'Ă©tais prĂȘte Ă tout pour elle, Ă lui dire « Je t'aime » alors que c'Ă©tait la premiĂšre fois que je lui parlais. Mais quand on jouit, en plus devant quelqu'un qui fait partie de son fantasme, on est prĂȘte Ă tout, Ă accepter n'importe quoi de celle qui, par sa prĂ©sence, vous donne tant de plaisir.
L'orgasme passĂ©, la tension retombĂ©e je me suis laissĂ©e aller sur sofa, dĂ©tendue, presque Ă©puisĂ©e de tant dâĂ©motions. Je la regardais. Elle me regardait. Nous Ă©tions les yeux dans les yeux. Je lui ai fait un sourire, comme dirait Brel Ă dĂ©croisser la lune, un sourire de plaisir, de dĂ©tente, de reconnaissance. JâĂ©tais lĂ devant elle, les jambes Ă©cartĂ©es, la main qui reposait sur mon sexe, dĂ©tendue. J'Ă©tais bien. Elle m'a rendu mon sourire et j'ai immĂ©diatement compris grĂące Ă lui que nous n'en resterions pas lĂ toutes les deux. De toute Ă©vidence on se reverrait. Le plaisir que nous avions pris toutes les deux ne pouvait Ă©videmment pas ĂȘtre qu'occasionnel et le dernier. C'Ă©tait le contenu de cette conversation silencieuse, de nos regards et des sourires que nous Ă©changions pendant tout le temps qu'a durĂ© ma « redescente sur terre ».
AprĂšs un long moment de silence ânon pas un silence de gĂȘne, mais un silence de prise de conscience que quelque chose de grand venait de se produireâ j'ai poussĂ© un long soupir de soulagement, de satisfaction. Je l'ai longuement regardĂ© dans les yeux et le plus sincĂšrement du monde je lui ai dit :
â merci.
On ne se lùchait pas du regard et, aprÚs un temps d'hésitation elle m'a répondu :
â tu as bien fait de venir.
Mon cĆur s'est remis Ă battre car le seul fait qu'elle m'ait tutoyĂ© m'a confortĂ©e dans l'idĂ©e que nous nous reverrions. C'Ă©tait Ă©vident ! AprĂšs avoir toutes les deux rĂȘvĂ© et mĂ©ditĂ© quelques instants sur ce « merci » et ce « tu as bien fait de venir », j'ai dit, l'air mi-figue mi-raisin :
â je crois que le cafĂ© doit ĂȘtre froid...
On s'est mis Ă rire toutes les deux et elle m'a dit en se levant et se dirigeant vers la cuisine :
â je vais en faire rĂ©chauffer, ça nous fera du bien.
AprĂšs un petit moment nĂ©cessaire pour me remettre de mes Ă©motions, j'ai profitĂ© de son absence pour me lever, rĂ©ajuster mon chemisier, remettre ma culotte et renfiler mon jean. J'Ă©tais en train de finir de reboutonner mon jean quand elle est revenue avec la cafetiĂšre. Nous nous sommes assises Ă la table du salon. Elle resservi du cafĂ© et, peut-ĂȘtre inconsciemment pour dĂ©samorcer l'incongruitĂ© de la situation, nous avons parlĂ© un peu de tout et de rien : chiffons, voisins, spectacles, etc. ; en tout cas d'autres choses que ce qui avait occasionnĂ© notre rencontre.
Au bout d'une demi-heure environ je me suis levée pour prendre congé ai repris mon sac et mon livre qui m'avait occupée en l'attendant. Tout en me dirigeant vers la porte, je me suis retournée et, d'un air que je voulais presque suppliant, lui ai demandé :
â on se reverra ?
â j'espĂšre bien que oui ! M'a-t-elle rĂ©pondu en souriant.
J'ai ouvert la porte, suis sortie et, avant qu'elle ne la referme, j'ai pris la carte de visite que j'avais mise dans le livre en guise de marque-page, la lui ai donnée et tout en l'embrassant amicalement sur les deux joues, lui ai demandé :
â tu m'appelleras ?
â promis.
â au fait, je m'appelle Isold.
â Isold ! Mais c'est joli, Isold ! Moi, c'est Marianne.
â au revoir et Ă bientĂŽt, Marianne
â au revoir.
Et la porte se referma.
Justement, l'annĂ©e derniĂšre, pendant l'Ă©tĂ©, un peu avant mes trente-deux ans, alors qu'il faisait trĂšs chaud, j'Ă©tais la majeure partie du temps nue chez moi et j'essayais de faire des courants d'air dans la maison en ouvrant les fenĂȘtres. L'air que lâon sentait circuler Ă©tait chaud, certes, mais un petit vent, mĂȘme un peu plus que tiĂšde, nous enlevait cette sensation d'Ă©touffement. J'habite au deuxiĂšme Ă©tage d'un immeuble et, alors que les fenĂȘtres de la cuisine et dâune chambre donnent sur la rue, les fenĂȘtres de ma chambre ainsi que celles du salon et de la salle de bain donnent sur une petite cour intĂ©rieure de l'autre cĂŽtĂ© de laquelle il y a un autre immeuble qui n'a rien Ă voir avec le mien. Je ne fais pas exprĂšs d'ouvrir les fenĂȘtres quand je me balade Ă poil chez moi mais lorsque jâai dĂ©cidĂ© de me mettre dans cette tenue, je me dis aprĂšs tout, tant pis si l'on me voit ainsi car je pense que le spectacle fugace et involontairement ainsi offert ne fera certainement pas perdre la vue Ă qui que ce soit.
Un jour que je me masturbais sur le lit, j'ai cru voir par la fenĂȘtre les rideaux bouger au troisiĂšme Ă©tage de l'immeuble d'en face. Je me suis relevĂ©e pour aller fermer la fenĂȘtre et la mettre Ă l'espagnolette tout en essayant de vĂ©rifier si j'avais eu des hallucinations. Mon impression s'Ă©tait confirmĂ©e, ils avaient bien bougĂ© et il m'a semblĂ© que c'Ă©tait la voisine d'en face qui regardait. Il Ă©tait environ seize heures. Je ne sais pas si c'Ă©tait la premiĂšre fois qu'elle regardait ou si ça s'Ă©tait dĂ©jĂ produit, en tout cas c'Ă©tait la premiĂšre fois que je le constatais. Pour vĂ©rifier, j'ai recommencĂ© le lendemain Ă peu prĂšs Ă la mĂȘme heure. Tout en me masturbant, j'essayais discrĂštement de jeter un Ćil pour voir si elle Ă©tait encore lĂ . Je la distinguais mal mais je devinais sa prĂ©sence derriĂšre ses rideaux.
Je voulais ĂȘtre sure qu'elle m'avait vue et qu'elle jouait les voyeuses par envie et non pas parce que mon apparition Ă ses yeux avait Ă©tĂ© accidentelle. Alors, pendant plusieurs jours de suite vers la mĂȘme heure, j'allais me branler sur le lit en essayant de donner l'impression de me sentir seule et tranquille pour mes jeux, tout en essayant discrĂštement de vĂ©rifier qu'elle Ă©tait lĂ , Ă mâĂ©pier. Elle avait probablement dĂ» penser que c'Ă©tait l'heure de mon cĂąlin quotidien et qu'en consĂ©quence elle s'Ă©tait organisĂ©e, car tous les jours qui ont suivi, me lâont montrĂ©e fidĂšle au poste d'observation. AprĂšs quelques jours de ce manĂšge je ne suis pas allĂ©e sur mon lit pour mon petit plaisir quotidien mais je suis allĂ©e dans la salle de bain regarder derriĂšre mes rideaux si elle aussi Ă©tait derriĂšre les siens. J'ai fait durer un peu mon absence de la chambre. Elle restait lĂ Ă attendre que j'arrive en ouvrant un peu plus ses rideaux âcomme si, pensant que je n'y Ă©tais pas, elle ne risquait rien Ă les Ă©carter davantage pour mieux voirâ et s'assurer que je n'Ă©tais toujours pas venue dans mon lit. Au bout d'un quart d'heure, j'Ă©tais absolument sure qu'elle m'attendait et que sa prĂ©sence derriĂšre les rideaux n'Ă©tait pas accidentelle. Elle attendait vraiment pour me voir.
J'Ă©tais ravie. Tu peux difficilement imaginer comme j'Ă©tais heureuse. J'avais une spectatrice et je pouvais maintenant me branler sans aucune pudeur, sans aucune honte, faire comme si j'Ă©tais sure et certaine d'ĂȘtre tranquille chez moi pour me livrer sans aucune retenue Ă mon plaisir favori. Mais moi, en sachant quand mĂȘme que jâĂ©tais observĂ©e, j'en Ă©prouvais une extraordinaire excitation. Et je peux te dire que je ne m'en suis pas privĂ©e. A chaque fois que je me branlais sur mon lit je faisais attention pour ĂȘtre bien visible. Cela ne veut pas dire que je me tournais ostensiblement vers la fenĂȘtre car on aurait tout de suite devinĂ© que mon attitude n'Ă©tait pas naturelle et que le spectacle que j'offrais Ă©tait intentionnellement destinĂ© Ă ma voyeuse et donc que jâavais devinĂ© sa prĂ©sence. Non, je voulais que la scĂšne restĂąt apprĂ©hendĂ©e comme fortuite, et qu'elle ne soit perçue que comme une activitĂ© sexuelle, la mienne, surprise Ă mon insu pendant son exĂ©cution. Je m'allongeais ou m'asseyais comme d'habitude mais j'avais Ă cĆur de faire des gestes plus amples. Par exemple, alors que d'habitude je me branle en titillant rapidement mon clitoris avec les doigts, ce qui n'entraĂźne que des mouvements de faible amplitude, donc moins visibles de loin, lĂ , je me branlais avec les jouets que d'habitude je me fourre dans le cul : godes souples en forme de queue, vibros, etc... et mĂȘme par la suite, de plus en plus excitĂ©e par la situation, je me suis mise Ă utiliser des courgettes, bref il me fallait des choses qui demandaient, pour me branler, de faire des mouvements plus grands et plus visibles qu'un titillement entre les cuisses.
Tu ne peux pas savoir combien tout cela m'a excitĂ©e ni tout ce que j'ai pu imaginer pour tenter de l'exciter et rendre mon spectacle addictif. Par exemple, je me mettais Ă genoux Ă©cartĂ©s sur mon lit, penchĂ©e en avant, la tĂȘte posĂ©e sur le lit et les fesses en l'air et je m'enfonçais dans le cul une petite courgette jusqu'Ă la moitiĂ© et l'y laissais lĂ , dressĂ©e, pendant qu'Ă l'aide d'un gode assez long dans le vagin, je me branlais jusqu'Ă ce que je jouisse ; ou alors je me branlais avec un long gode devant un miroir en m'excitant de plus en plus Ă la vue du spectacle que je m'offrais jusqu'Ă ce que j'explose et me laisse envahir par un plaisir qui me laissait terrassĂ©e sur mon lit. C'est vraiment dommage que je ne sois pas assez souple car si j'avais pu me faire jouir en me lĂ©chant la chatte, je te jure que je l'aurais fait volontiers. LĂ©cher ma propre chatte a toujours Ă©tĂ© un de mes fantasmes ; hĂ©las, Ă mon grand dĂ©sespoir, ce n'est pas dans mes capacitĂ©s physiques ! Ce petit jeu a bien durĂ© une quinzaine de jours. Je crois que j'Ă©tais comme elle : j'attendais avec impatience ce rendez-vous avec moi-mĂȘme et avec ma voyeuse. Pour ma part, j'y pensais dĂšs le matin. Quels Ă©taient les jeux et quels Ă©taient les gestes qui pouvaient bien lâexciter ? Et je me demandais souvent de quelle façon j'allais, Ă seize heures, me branler devant elle.
Petit Ă petit, l'idĂ©e de me branler devant elle a fait son chemin. J'Ă©tais sure maintenant qu'elle aimait me regarder. Elle ne serait pas restĂ©e fidĂšle Ă son poste d'observation pendant plus de quinze jours consĂ©cutifs si la premiĂšre fois, elle m'avait vue accidentellement ou si ça la choquait ou lui dĂ©plaisait de me voir me branler. Si elle Ă©tait lĂ tous les jours c'est que ça lui plaisait ou peut-ĂȘtre mĂȘme, l'excitait. Pour ma part, j'adorais ĂȘtre vue quand je me masturbais et jouissais. Cette idĂ©e me trottait dans la tĂȘte et, dans mon fantasme, la distance entre sa fenĂȘtre et celle ma chambre diminuait petit Ă petit jusqu'Ă ce que brusquement jaillisse cette idĂ©e : et si j'allais me branler devant elle... mais chez elle ? En reprenant mes esprits j'ai tout de suite refoulĂ© l'idĂ©e ; mais plus je l'Ă©cartais du champ des possibles, plus elle me revenait avec des arguments convaincants.
Enfin quoi ! Visiblement elle aimait me regarder me branler. La premiĂšre ou la deuxiĂšme fois, je ne dis pas, ça peut ĂȘtre de la curiositĂ©. Mais au bout d'une quinzaine de jours, ce n'Ă©tait plus de la curiositĂ© ; c'Ă©tait qu'elle aimait voir, regarder, mater. De mon cĂŽtĂ©, j'adorais qu'elle me regarde me branler. Câest comme si je partageais un moment dâintimitĂ© avec quelquâun . Est-ce que me branler devant elle mais chez elle aurait altĂ©rĂ© nos goĂ»ts et nos penchants ? Non ! Ou peut-ĂȘtre si, mais seulement en les amplifiant, vu la proximitĂ©. Oui, mais comment faire ? Le comment m'a tracassĂ© pendant plusieurs jours et quand j'allais Ă mon rendez-vous de seize heures sur mon lit, j'Ă©tais encore plus excitĂ©e car Ă chaque fois que je me branlais, je m'imaginais qu'elle Ă©tait Ă cĂŽtĂ© de moi, assise sur le lit pendant qu'en toute impudeur, je m'offrais Ă son regard, ce qui amplifiait d'autant plus mon orgasme. Je jouissais pour elle.
Il mâa fallu encore deux ou trois jours avant que je me dĂ©cide Ă faire quelque chose. Je me suis posĂ© beaucoup de questions : comment faire ? Quâallais-je lui dire et comment lui dire ? Comment pouvait-elle rĂ©agir, vu le peu de connaissance que jâavais dâelle ? Quels Ă©taient les risques ? Et puis ce n'Ă©tait pas facile pour moi d'aborder quelqu'un pour la premiĂšre fois en lui avouant mes petits travers. D'un autre cĂŽtĂ© ce n'Ă©tait pas Ă©vident non plus qu'elle aussi, avoue les siens. Un mauvais contact pouvait tout gĂącher et entraĂźner des dĂ©nĂ©gations de sa part, dĂ©nĂ©gations qui auraient inexorablement compromis une suite possible. AprĂšs avoir tournĂ© et retournĂ© le tout dans ma tĂȘte, jâen suis arrivĂ©e Ă la conclusions que le seul risque possible ne pouvait ĂȘtre, au pire, quâun refus.
Le lendemain matin vers les dix heures, je suis donc sortie de chez moi, ai fait le tour du pĂątĂ© de maisons pour aller dans le boulevard oĂč se trouvait lâentrĂ©e de son immeuble. Et je suis montĂ©e au troisiĂšme Ă©tage. ArrivĂ©e sur le palier il y avait deux portes mais je ne savais pas laquelle Ă©tait celle de son appartement. Il me semblait bien que câĂ©tait elle de gauche mais je nâen Ă©tais pas sure. Jâai Ă©coutĂ© aux deux portes : silence total. Je me suis dit que jâallais attendre que quelquâun arrive ou sorte dâun appartement pour dĂ©duire lequel Ă©tait le sien. Jâai donc sorti un livre de mon sac, je me suis assise sur le palier, les pieds posĂ©s deux marches en dessous et je me suis mise Ă lire en attendant. Jâavais du mal Ă fixer mon attention sur la lecture. Les aleas de ce qui allait se produire me travaillaient. Et jâai dĂ» au moins une bonne dizaine de fois me ressaisir et revenir Ă ma lecture.
Il sâĂ©tait bien Ă©coulĂ© une demie heure ou trois quarts dâheure depuis que jâavais commencĂ© ma lecture quand jâai entendu monter dans les escaliers. Ce nâĂ©tait pas mon jour de chance car avançant la tĂȘte pour voir qui arrivait, jâai nâai pas vu une personne mais ai vu un couple monter et⊠sâarrĂȘter au troisiĂšme Ă©tage aprĂšs que je me sois un peu poussĂ©e sur le cĂŽtĂ© pour les laisser passer. La femme, il mâa semblĂ© la reconnaĂźtre et jâĂ©tais presque sure que câĂ©tait elle dâautant plus que je lâai sentie surprise de me voir lĂ . Quand on monte dans un escalier et quâon trouve une jeune femme assise sur un palier, ça me semble naturel quâon se dise : « tiens, quâest-ce quâelle fait lĂ ? » Mais je nâai pas eu le sentiment que sa surprise Ă©tait due au fait de voir une personne assise sur un palier Ă attendre. Jâavais senti quâelle mâavait reconnue elle aussi et donc, grosse surprise, un peu comme si je reprĂ©sentais une menace pour elle. « Que venait-elle donc faire lĂ ? » a-t-elle dĂ» se dire en me voyant. Quant Ă lâhomme, je me suis rassurĂ©e en le voyant car aprĂšs lui avoir souhaitĂ© une bonne journĂ©e il sâest dirigĂ© vers lâautre porte que celle quâelle sâapprĂȘtait Ă ouvrir. Elle a dâailleurs pris tout son temps pour le faire. A mon avis elle traĂźnait pour laisser le temps Ă son voisin de rentrer chez lui. Une fois celui-ci disparu, jâai tout de suite pris lâinitiative de la conversation.
â Bonjour, est-ce que je peux vous demander quelque chose ?
â Euh... oui, de quoi sâagit-il ? Mâa-t-elle dit lâair un peu inquiet.
â Vu ce que jâai Ă vous dire, je crois quâil vaudrait mieux en discuter chez vous, Ă moins que vous ne prĂ©fĂ©riez que nous en parlions devant un cafĂ© au cafĂ© du coin. Que prĂ©fĂ©rez-vous ?
AprÚs une petite hésitation :
â Bon, rentrez je vais vous prĂ©parer un cafĂ©.
Elle mâa proposĂ© de mâasseoir sur le canapĂ© de son salon le temps quâaille prĂ©parer ce cafĂ©. Pendant ce temps lĂ , assise, je regardais partout. CâĂ©tait arrangĂ© avec un goĂ»t un peu diffĂ©rent du mien mais pas dĂ©plaisant. En posant les yeux sur la fenĂȘtre, je reconnus ces rideaux. CâĂ©tait donc dâici quâelle me regardait ! Lâenvie mais le trac aussi commençait Ă monter. Je dĂ©cidais donc dâaborder moi-mĂȘme la conversation dĂšs quâelle reviendrait. Câest plus facile dâen avoir le contrĂŽle quand on prend les initiatives.
Elle est revenue avec une cafetiĂšre et deux tasses ainsi quâune coupelle contenant du sucre sur un plateau quâelle a posĂ© sur la table basse le temps dâaller prendre une chaise, la mettre face Ă moi de lâautre cĂŽtĂ© de la table, de sâasseoir et de me regarder dâun air interrogateur, lâair de dire : « Mais enfin, de quoi sâagit-il ? »
Jâai pris une grande inspiration et en mâadressant Ă elle, je lui ai dit :
â Sâil vous plait, je vous demanderai tout dâabord de bien vouloir me laisser parler sans m'interrompre, me rĂ©pondre et sans dire quoi que ce soit car ce nâest pas facile pour moi. Mais quand jâaurai fini, jâaimerais que vous me rĂ©pondiez franchement et en toute sincĂ©ritĂ©.
â Dâaccord, mais de quoi sâagit-il ?
Ffffff ! Son « de quoi sâagit-il ? » avait vraiment de quoi refroidir lâambiance que jâaurais aimĂ©e intime, chaleureuse, bienveillanteâŠ
â VoilĂ , dis-je pour commencer et me donner du courage. Il mâa semblé⊠enfin, je veux dire que je suis presque certaine que⊠pendant mes moments dâintimitĂ© dans ma chambre qui est en vis-Ă -vis avec cette fenĂȘtre-ci, disĂ©-je en la montrant du doigt, jâai eu le sentiment que vous mâobserviezâŠ
Je lâai sentie se raidir un peu et pour Ă©viter quâelle ne reprenne la parole, jâai enchaĂźnĂ© :
â Jâai eu le sentiment que vous mâobserviez⊠et ça mâa fait trĂšs plaisir lui ai-je dit avec empressement et avec un grand sourire pour la rassurer que la conversation n'allait pas tourner en reproches. On ne va pas se mentir et continuer ad vitam ĂŠternam Ă faire semblant de jouer au chat et Ă la souris. Je vais ĂȘtre trĂšs sincĂšre avec vous : si cela vous fait plaisir de me regarder, moi ça me fait trĂšs plaisir que vous me regardiez. Je suis comme ça, je nây peux rien. Jâaime quâune femme me regarde quand je me fais jouir. Et franchement, si ça vous a satisfaite aussi, tant mieux car ça voudrait dire que nous sommes complĂ©mentaires et que lâon pourrait peut-ĂȘtre faire en sorte dây trouver satisfaction toutes les deux.
Bien que jâen doute, il se peut que je me sois totalement trompĂ©e et si câĂ©tait le cas, je vous prierai de bien vouloir mâexcuser pour cette proposition. Je vous aurai dĂ©voilĂ© Ă tort une partie de mon intimitĂ© qui nâa rien de particuliĂšrement choquant mais qui peut trĂšs bien ne pas vous convenir du tout. Si câest le cas dites-le moi franchement et acceptez encore une fois mes excuses de vous avoir ainsi abordĂ©e.
Mais sincĂšrement, si vous avez Ă©prouvĂ© une quelconque satisfaction Ă me regarder derriĂšre vos rideaux, nâayez surtout pas peur ni honte de me le confier. Soyez assurĂ©e que je ne porterai sur vous aucun jugement pour ce goĂ»t que vous avez car, soit dit entre nous, je serais mal avisĂ©e dâen avoir un puisquâil me fait plaisir Ă moi aussi. Et je me disais, si câĂ©tait le cas, plutĂŽt que me regarder dans ma chambre, de loin et Ă travers vos rideaux, pourquoi ne regarderiez-vous pas de plus prĂšs, devant vous, Ă portĂ©e de main ?
Je me suis arrĂȘtĂ©e et, en prenant ma tasse Ă cafĂ© pour en boire une gorgĂ©e avant quâil ne soit froid, je lâai regardĂ©e comme si jâattendais une rĂ©ponse.
â Euh⊠dit-elle comme surprise de la proposition Ă laquelle elle ne s'attendait certainement pas et aussi gĂȘnĂ©e d'avoir Ă rĂ©pondre Ă une question aussi directe.
Finalement, avant quâelle nâaille plus loin et aussi par peur dâun refus, jâai immĂ©diatement repris la conversation, ou plutĂŽt le monologue.
â Je ne suis pas venue avec lâidĂ©e de vous offrir immĂ©diatement un spectacle. Jâavais avant tout lâenvie dâen discuter avec vous, de vous confier que ça me fait vraiment trĂšs trĂšs plaisir de vous avoir rencontrĂ©e et que si la proposition que je vous fais de venir le faire devant vous ne vous convient pas, ça ne me gĂȘne pas du tout, bien au contraire, que vous continuiez Ă me regarder dans ma chambre Ă partir dâici mais Ă vrai dire, jâĂ©prouverai beaucoup plus de plaisir âet je suppose que vous aussiâ si je vous sentais proche de moi pendant que je mâamuse Ă me faire plaisir. Proche de moi, soit chez moi, soit chez vous. Je ne suis pas venue vous voir avec lâespoir dâavoir une rĂ©ponse immĂ©diate. Je suis venue vous voir pour vous confirmer que nous avons des goĂ»ts complĂ©mentaires et que jâai vraiment apprĂ©ciĂ© que vous me regardiez, pour en parler avec vous, pour vous proposer une autre forme de relation car, ne le niez pas, depuis quelques semaines nous avons toutes les deux une sorte de relation particuliĂšre et qui plus est, particuliĂšrement plaisante ; distante, certes, mais intime, quand mĂȘme ! Je me disais que vous pouviez prendre le temps de rĂ©flĂ©chir et voir si cette relation ne pouvait pas Ă©voluer avec un peu plus de proximitĂ©. Personnellement, jâapprĂ©cierai beaucoup. Maintenant je ne veux absolument pas vous inciter Ă faire des choses que vous nâavez pas envie de faireâŠ
LĂ , jâai dĂ©cidĂ© dâattendre sa rĂ©ponse, quelle quâelle fĂ»t.
â Cela me gĂȘne beaucoup et je ne sais que vous rĂ©pondre. Câest vrai que câest par hasard que je vous ai surprise en train de ⊠enfin⊠et que ça mâa remuĂ©e⊠et Ă©moustillĂ©e, mĂȘme. Câest vrai aussi quâen vous revoyant le lendemain, je me suis mise Ă penser et Ă souhaiter que ce soit votre habitude⊠Câest difficile pour moi aussi de devoir lâadmettre mais câest vrai que jâĂ©prouve une satisfaction certaine Ă regarder un couple ou une personne dans son intimitĂ©. Vous avez eu la franchise de mâavouer avoir un tempĂ©rament un peu... exhibitionniste, disons ; ce ne serait pas honnĂȘte vis-Ă -vis de vous de ne pas reconnaĂźtre mon dĂ©fautâŠ
â Mais ce nâest pas un dĂ©faut ! Câest pour moi une qualitĂ© et je suis ravie que vous lâayez ! Ce serait un dĂ©faut si les personnes que vous regardez voulaient prĂ©server leur intimitĂ© et que vous fassiez tout pour outrepasser leur souhait. Mais si vous prenez du plaisir Ă me regarder et que cela coĂŻncide avec le mien, il nây a pas de dĂ©faut ! Il y a seulement deux personnes qui ont trouvĂ© un terrain dâentente, une complĂ©mentaritĂ©. HonnĂȘtement, moi ça me fait plaisir de me masturber devant vous ! A la limite pour pourriez me dire vous aussi que je suis perverse. Allez-vous me considĂ©rer avec un regard outrĂ© parce que je satisfais une de vos tendances que justement jâapprĂ©cie ? Mon Dieu, non ! Tant que cela reste entre personnes consentantes, que ça ne cause de tort Ă personne mais nous procure du plaisir Ă toutes les deux, je pense quâil nây a pas lieu de se torturer lâesprit. Restons simples et acceptons le fait. Faisons-nous plaisir et permettez-moi de vous montrer de prĂšs ce que vous nâavez vu jusquâici que de loin.
â âŠ
â Je sens que vous hĂ©sitez encore, je me trompe ?
â Je ne sais pas⊠Mais... euh... ⊠vous le feriez, lĂ ? Maintenant ?
Mon cĆur se mit Ă battreâŠ
â Vous aimeriez ?
â ⊠... âŠĂ vrai dire, oui.
Je lâai regardĂ©e et lui ai fait un sourire qui me venait du fond des tripes, un sourire de soulagement, un sourire de libĂ©ration aprĂšs un bon moment de tension, un sourire qui a dĂ» trĂšs probablement lui enlever ses derniers scrupules en lui montrant que son acquiescement me faisait trĂšs plaisir. Je nâarrĂȘtais pas de la regarder tellement son petit « oui » timide mâavait chamboulĂ©e. Un petit « oui » dans lequel, bien que le mot fĂ»t court, on sentait une vraie envie mais encore toute pleine de retenue. Je la trouvais belle tout dâun coup. Elle devait avoir environ ******* de plus que moi. Son visage qui jusquâici ne mâinspirait guĂšre que celui dâune personne Ă convaincre et donc, potentiellement non encline Ă suivre mes envies ; je le voyais maintenant beaucoup plus cordial, plus avenant, plus beau. Je le percevais comme celui dâune personne dâores et dĂ©jĂ prĂ©disposĂ©e Ă partager mes penchants et mes goĂ»ts. Je voulais ĂȘtre sure dâavoir bien entendu et rĂ©pĂ©tais :
â Câest bien vrai ? Vous aimeriez vraiment ?
â Oui, sâenhardit-elle, dâune voix plus affermie, probablement rassurĂ©e sur le fait que jâapprĂ©ciais son inclination et ne portait sur elle aucun jugement nĂ©gatif ou rĂ©probateur.
Je me suis alors levĂ©e du canapĂ©, ai contournĂ© la table basse de salon, me suis mise devant elle et lui ai posĂ© les mains sur les Ă©paules, lui intimant ainsi par ce geste de rester assise. Puis, jâai pris le plateau avec les tasses Ă cafĂ©, lâai posĂ© sur la grande table de la salle Ă manger-salon et je suis revenue Ă ma place pour prendre la table basse et la dĂ©placer sur le cĂŽtĂ© afin quâil nây ait plus rien entre sa chaise et le canapĂ©. Je suis revenue vers elle, comme si jâallais me mâinstaller Ă nouveau sur le sofa, mais au lieu de mâasseoir, jâai commencĂ© Ă dĂ©boutonner mon jean. DĂ©jĂ quâil faisait chaud, la situation que jâavais installĂ©e nâavait rien en elle-mĂȘme qui pĂ»t rafraĂźchir lâatmosphĂšre. Je lâai vue avaler sa salive. Jâavais la peau un peu moite. De ce fait, en descendant petit Ă petit mon jean de mes hanches, ma culotte avait du mal Ă sâen dĂ©tacher et descendait en mĂȘme temps que lui. Un instant, jâai voulu les sĂ©parer tous les deux pour commencer Ă nâenlever que le jean. Mais tout compte fait, jâai laissĂ© venir comme ça. Essayer quand mĂȘme mâaurait obligĂ©e Ă des contorsions qui auraient rompu le charme de lâeffeuillage et de plus, ça pouvait donner lâimpression au premier abord, mĂȘme si lâon se rendait compte de lâerreur par la suite, que me trouvant nue en baissant le jean, je ne portais pas de culotte, ce qui donne toujours un petit cĂŽtĂ© coquin et qui mâarrive parfois.
Le jean sur les chevilles, je me suis assise pour retirer mes chaussures et pouvoir enfin me dĂ©barrasser de ce vĂȘtement. Toujours assise et sans la quitter des yeux, jâai ouvert quatre boutons de mon chemisier en nâen laissant boutonnĂ©s que deux. Puis jâai lentement glissĂ© mes mains le long de mes cuisses nues, jusquâaux genoux, ai basculĂ© les mains vers lâintĂ©rieur pour les ramener vers moi en caressant lâintĂ©rieur des cuisses tout en les Ă©cartant lentement mais en mesurant bien lâallure pour quâen fin de course, les mains quasiment sur mon sexe, jâaie les genoux bien Ă©cartĂ©s, ouverts Ă la vue de ma spectatrice. Je me suis laissĂ©e aller en arriĂšre pour mâadosser et mâinstaller confortablement sur le divan, les yeux fermĂ©s, la tĂȘte en arriĂšre reposant sur le dossier et jâai commencĂ© Ă me branler avec voluptĂ© comme si jâĂ©tais seule en mâabandonnant avec plaisir Ă son regard.
JâĂ©tais heureuse. Heureuse et excitĂ©e Ă la fois. Jâavais les yeux fermĂ©s mais je la sentais lĂ , Ă deux pas en train de mâobserver. Je lâimaginais la bouche ouverte, le souffle court, avalant avec difficultĂ© sa salive, ses yeux me parcourant le corps de la gorge aux pieds en sâattardant sur mes seins quâon ne voyait pas pleinement mais quâon devinait dans la grande Ă©chancrure du chemiser, sur mon ventre qui palpitait, sur mon sexe et mes doigts qui sâactivaient sur mon petit bouton du plaisir. Je la devinais me dĂ©vorant des yeux. Et moi, jâĂ©tais lĂ , Ă moins dâun mĂštre en train de me branler dĂ©licieusement devant elle, jouissant dĂ©jĂ du plaisir que jâĂ©prouvais Ă me montrer devant elle en toute impudeur. Jâavais aussi lâimpression diffuse que jâinstallais entre nous une sorte de complicitĂ©. Pour moi, câest une forme de confiance absolue que de se branler devant quelquâun. On partage avec elle son intimitĂ© sans crainte dâĂȘtre jugĂ©e, en Ă©tant soi, tout simplement. Câest une preuve de confiance quâon lui donne. J'Ă©tais heureuse et une sensation de chaleur, autre que climatique cette fois-ci, m'envahissait. Une sensation de chaleur liĂ©e Ă l'excitation qui vous embrase quand l'un de vos fantasme devient rĂ©alitĂ©. J'Ă©tais en train de me branler et j'avais une spectatrice Ă portĂ©e de main. Mais une vraie spectatrice, pas quelqu'un qui m'avais surprise par hasard, non, une femme qui restait lĂ volontairement et prenait vraiment plaisir Ă me voir me masturber. Jâai adorĂ© cet instant lĂ .
La situation m'excitait tellement que je mouillais de plus en plus et le titillement de mes doigts sur mon clitoris et mes lĂšvres faisait entendre un clapotis de plus en plus fort mais aussi de plus en plus excitant. J'avais l'impression de ne plus entendre que ce clapotis de plaisir. J'ai lĂ©gĂšrement relevĂ© la tĂȘte du dossier du sofa pour la regarder. On aurait dit qu'elle me dĂ©vorait des yeux. Tu peux difficilement imaginer comme j'Ă©tais heureuse. Elle a fini par quitter les yeux de mes doigts qui s'activaient de plus en plus vite sur mon sexe pour les lever plus haut, mon ventre palpitant, mes seins Ă peine cachĂ©s et finir par se faire prendre par mon regard. Je continuais Ă me branler tout en la regardant droit dans les yeux et en lui souriant, reconnaissante envers elle qui allait assister Ă mon orgasme. La situation Ă©tait trop excitante pour moi pour que je puisse continuer encore longtemps. Je sentais dans le ventre des vagues Ă©normes qui se prĂ©paraient. Alors je lui ai tendu ma main gauche, libre, pour lui faire comprendre qu'elle me donne la sienne parce que j'allais bientĂŽt jouir. Complice, elle me l'a donnĂ©e et je l'ai serrĂ©e de plus en plus fort au fur et Ă mesure que l'orgasme commençait Ă m'emporter. Je ne pouvais plus la quitter des yeux pendant que je jouissais. Je ne pouvais plus parler, je haletais et c'Ă©tait mes yeux qui la regardaient avec intensitĂ© comme pour dire : « Oh, ma chĂ©rie, merci de me regarder jouir, merci de me donner tant de plaisir ! Regarde bien ce que ta prĂ©sence dans ce moment si intime provoque en moi. Je jouis pour toi et je t'offre cette jouissance car c'est Ă toi que je la dois. Merci de cette complicitĂ© que tu as bien voulu installer. Je t'aime. »
Pendant les vingt Ă trente secondes quâa durĂ© mon orgasme, j'Ă©tais prĂȘte Ă tout pour elle, Ă lui dire « Je t'aime » alors que c'Ă©tait la premiĂšre fois que je lui parlais. Mais quand on jouit, en plus devant quelqu'un qui fait partie de son fantasme, on est prĂȘte Ă tout, Ă accepter n'importe quoi de celle qui, par sa prĂ©sence, vous donne tant de plaisir.
L'orgasme passĂ©, la tension retombĂ©e je me suis laissĂ©e aller sur sofa, dĂ©tendue, presque Ă©puisĂ©e de tant dâĂ©motions. Je la regardais. Elle me regardait. Nous Ă©tions les yeux dans les yeux. Je lui ai fait un sourire, comme dirait Brel Ă dĂ©croisser la lune, un sourire de plaisir, de dĂ©tente, de reconnaissance. JâĂ©tais lĂ devant elle, les jambes Ă©cartĂ©es, la main qui reposait sur mon sexe, dĂ©tendue. J'Ă©tais bien. Elle m'a rendu mon sourire et j'ai immĂ©diatement compris grĂące Ă lui que nous n'en resterions pas lĂ toutes les deux. De toute Ă©vidence on se reverrait. Le plaisir que nous avions pris toutes les deux ne pouvait Ă©videmment pas ĂȘtre qu'occasionnel et le dernier. C'Ă©tait le contenu de cette conversation silencieuse, de nos regards et des sourires que nous Ă©changions pendant tout le temps qu'a durĂ© ma « redescente sur terre ».
AprĂšs un long moment de silence ânon pas un silence de gĂȘne, mais un silence de prise de conscience que quelque chose de grand venait de se produireâ j'ai poussĂ© un long soupir de soulagement, de satisfaction. Je l'ai longuement regardĂ© dans les yeux et le plus sincĂšrement du monde je lui ai dit :
â merci.
On ne se lùchait pas du regard et, aprÚs un temps d'hésitation elle m'a répondu :
â tu as bien fait de venir.
Mon cĆur s'est remis Ă battre car le seul fait qu'elle m'ait tutoyĂ© m'a confortĂ©e dans l'idĂ©e que nous nous reverrions. C'Ă©tait Ă©vident ! AprĂšs avoir toutes les deux rĂȘvĂ© et mĂ©ditĂ© quelques instants sur ce « merci » et ce « tu as bien fait de venir », j'ai dit, l'air mi-figue mi-raisin :
â je crois que le cafĂ© doit ĂȘtre froid...
On s'est mis Ă rire toutes les deux et elle m'a dit en se levant et se dirigeant vers la cuisine :
â je vais en faire rĂ©chauffer, ça nous fera du bien.
AprĂšs un petit moment nĂ©cessaire pour me remettre de mes Ă©motions, j'ai profitĂ© de son absence pour me lever, rĂ©ajuster mon chemisier, remettre ma culotte et renfiler mon jean. J'Ă©tais en train de finir de reboutonner mon jean quand elle est revenue avec la cafetiĂšre. Nous nous sommes assises Ă la table du salon. Elle resservi du cafĂ© et, peut-ĂȘtre inconsciemment pour dĂ©samorcer l'incongruitĂ© de la situation, nous avons parlĂ© un peu de tout et de rien : chiffons, voisins, spectacles, etc. ; en tout cas d'autres choses que ce qui avait occasionnĂ© notre rencontre.
Au bout d'une demi-heure environ je me suis levée pour prendre congé ai repris mon sac et mon livre qui m'avait occupée en l'attendant. Tout en me dirigeant vers la porte, je me suis retournée et, d'un air que je voulais presque suppliant, lui ai demandé :
â on se reverra ?
â j'espĂšre bien que oui ! M'a-t-elle rĂ©pondu en souriant.
J'ai ouvert la porte, suis sortie et, avant qu'elle ne la referme, j'ai pris la carte de visite que j'avais mise dans le livre en guise de marque-page, la lui ai donnée et tout en l'embrassant amicalement sur les deux joues, lui ai demandé :
â tu m'appelleras ?
â promis.
â au fait, je m'appelle Isold.
â Isold ! Mais c'est joli, Isold ! Moi, c'est Marianne.
â au revoir et Ă bientĂŽt, Marianne
â au revoir.
Et la porte se referma.
8 years ago