Ma voisine, la voyeuse

Quand je suis chez moi et qu'il ne fait pas froid, je suis souvent nue. J'aime ça. Surtout quand je passe devant le miroir de l'armoire de ma chambre. Je ne suis ni narcissique ni amoureuse de moi-mĂȘme mais me voir nue, m'excite assez. J'aime voir mes seins que je trouve trĂšs beaux ainsi que mon pubis recouvert de velours noir et aussi le sentir Ă  l'air libre. Et de plus quand j'ai envie de me masturber, je suis... comment dirait-on... prĂȘte, Ă  pied Ɠuvre ; je m'allonge sur mon lit et je me fais un petit plaisir. Que dis-je, un petit plaisir, un grand ! La masturbation est ma passion, un des plaisirs dont je ne pourrais pas me passer.

Justement, l'annĂ©e derniĂšre, pendant l'Ă©tĂ©, un peu avant mes trente-deux ans, alors qu'il faisait trĂšs chaud, j'Ă©tais la majeure partie du temps nue chez moi et j'essayais de faire des courants d'air dans la maison en ouvrant les fenĂȘtres. L'air que l’on sentait circuler Ă©tait chaud, certes, mais un petit vent, mĂȘme un peu plus que tiĂšde, nous enlevait cette sensation d'Ă©touffement. J'habite au deuxiĂšme Ă©tage d'un immeuble et, alors que les fenĂȘtres de la cuisine et d’une chambre donnent sur la rue, les fenĂȘtres de ma chambre ainsi que celles du salon et de la salle de bain donnent sur une petite cour intĂ©rieure de l'autre cĂŽtĂ© de laquelle il y a un autre immeuble qui n'a rien Ă  voir avec le mien. Je ne fais pas exprĂšs d'ouvrir les fenĂȘtres quand je me balade Ă  poil chez moi mais lorsque j’ai dĂ©cidĂ© de me mettre dans cette tenue, je me dis aprĂšs tout, tant pis si l'on me voit ainsi car je pense que le spectacle fugace et involontairement ainsi offert ne fera certainement pas perdre la vue Ă  qui que ce soit.

Un jour que je me masturbais sur le lit, j'ai cru voir par la fenĂȘtre les rideaux bouger au troisiĂšme Ă©tage de l'immeuble d'en face. Je me suis relevĂ©e pour aller fermer la fenĂȘtre et la mettre Ă  l'espagnolette tout en essayant de vĂ©rifier si j'avais eu des hallucinations. Mon impression s'Ă©tait confirmĂ©e, ils avaient bien bougĂ© et il m'a semblĂ© que c'Ă©tait la voisine d'en face qui regardait. Il Ă©tait environ seize heures. Je ne sais pas si c'Ă©tait la premiĂšre fois qu'elle regardait ou si ça s'Ă©tait dĂ©jĂ  produit, en tout cas c'Ă©tait la premiĂšre fois que je le constatais. Pour vĂ©rifier, j'ai recommencĂ© le lendemain Ă  peu prĂšs Ă  la mĂȘme heure. Tout en me masturbant, j'essayais discrĂštement de jeter un Ɠil pour voir si elle Ă©tait encore lĂ . Je la distinguais mal mais je devinais sa prĂ©sence derriĂšre ses rideaux.

Je voulais ĂȘtre sure qu'elle m'avait vue et qu'elle jouait les voyeuses par envie et non pas parce que mon apparition Ă  ses yeux avait Ă©tĂ© accidentelle. Alors, pendant plusieurs jours de suite vers la mĂȘme heure, j'allais me branler sur le lit en essayant de donner l'impression de me sentir seule et tranquille pour mes jeux, tout en essayant discrĂštement de vĂ©rifier qu'elle Ă©tait lĂ , Ă  m’épier. Elle avait probablement dĂ» penser que c'Ă©tait l'heure de mon cĂąlin quotidien et qu'en consĂ©quence elle s'Ă©tait organisĂ©e, car tous les jours qui ont suivi, me l’ont montrĂ©e fidĂšle au poste d'observation. AprĂšs quelques jours de ce manĂšge je ne suis pas allĂ©e sur mon lit pour mon petit plaisir quotidien mais je suis allĂ©e dans la salle de bain regarder derriĂšre mes rideaux si elle aussi Ă©tait derriĂšre les siens. J'ai fait durer un peu mon absence de la chambre. Elle restait lĂ  Ă  attendre que j'arrive en ouvrant un peu plus ses rideaux –comme si, pensant que je n'y Ă©tais pas, elle ne risquait rien Ă  les Ă©carter davantage pour mieux voir– et s'assurer que je n'Ă©tais toujours pas venue dans mon lit. Au bout d'un quart d'heure, j'Ă©tais absolument sure qu'elle m'attendait et que sa prĂ©sence derriĂšre les rideaux n'Ă©tait pas accidentelle. Elle attendait vraiment pour me voir.

J'Ă©tais ravie. Tu peux difficilement imaginer comme j'Ă©tais heureuse. J'avais une spectatrice et je pouvais maintenant me branler sans aucune pudeur, sans aucune honte, faire comme si j'Ă©tais sure et certaine d'ĂȘtre tranquille chez moi pour me livrer sans aucune retenue Ă  mon plaisir favori. Mais moi, en sachant quand mĂȘme que j’étais observĂ©e, j'en Ă©prouvais une extraordinaire excitation. Et je peux te dire que je ne m'en suis pas privĂ©e. A chaque fois que je me branlais sur mon lit je faisais attention pour ĂȘtre bien visible. Cela ne veut pas dire que je me tournais ostensiblement vers la fenĂȘtre car on aurait tout de suite devinĂ© que mon attitude n'Ă©tait pas naturelle et que le spectacle que j'offrais Ă©tait intentionnellement destinĂ© Ă  ma voyeuse et donc que j’avais devinĂ© sa prĂ©sence. Non, je voulais que la scĂšne restĂąt apprĂ©hendĂ©e comme fortuite, et qu'elle ne soit perçue que comme une activitĂ© sexuelle, la mienne, surprise Ă  mon insu pendant son exĂ©cution. Je m'allongeais ou m'asseyais comme d'habitude mais j'avais Ă  cƓur de faire des gestes plus amples. Par exemple, alors que d'habitude je me branle en titillant rapidement mon clitoris avec les doigts, ce qui n'entraĂźne que des mouvements de faible amplitude, donc moins visibles de loin, lĂ , je me branlais avec les jouets que d'habitude je me fourre dans le cul : godes souples en forme de queue, vibros, etc... et mĂȘme par la suite, de plus en plus excitĂ©e par la situation, je me suis mise Ă  utiliser des courgettes, bref il me fallait des choses qui demandaient, pour me branler, de faire des mouvements plus grands et plus visibles qu'un titillement entre les cuisses.

Tu ne peux pas savoir combien tout cela m'a excitĂ©e ni tout ce que j'ai pu imaginer pour tenter de l'exciter et rendre mon spectacle addictif. Par exemple, je me mettais Ă  genoux Ă©cartĂ©s sur mon lit, penchĂ©e en avant, la tĂȘte posĂ©e sur le lit et les fesses en l'air et je m'enfonçais dans le cul une petite courgette jusqu'Ă  la moitiĂ© et l'y laissais lĂ , dressĂ©e, pendant qu'Ă  l'aide d'un gode assez long dans le vagin, je me branlais jusqu'Ă  ce que je jouisse ; ou alors je me branlais avec un long gode devant un miroir en m'excitant de plus en plus Ă  la vue du spectacle que je m'offrais jusqu'Ă  ce que j'explose et me laisse envahir par un plaisir qui me laissait terrassĂ©e sur mon lit. C'est vraiment dommage que je ne sois pas assez souple car si j'avais pu me faire jouir en me lĂ©chant la chatte, je te jure que je l'aurais fait volontiers. LĂ©cher ma propre chatte a toujours Ă©tĂ© un de mes fantasmes ; hĂ©las, Ă  mon grand dĂ©sespoir, ce n'est pas dans mes capacitĂ©s physiques ! Ce petit jeu a bien durĂ© une quinzaine de jours. Je crois que j'Ă©tais comme elle : j'attendais avec impatience ce rendez-vous avec moi-mĂȘme et avec ma voyeuse. Pour ma part, j'y pensais dĂšs le matin. Quels Ă©taient les jeux et quels Ă©taient les gestes qui pouvaient bien l’exciter ? Et je me demandais souvent de quelle façon j'allais, Ă  seize heures, me branler devant elle.

Petit Ă  petit, l'idĂ©e de me branler devant elle a fait son chemin. J'Ă©tais sure maintenant qu'elle aimait me regarder. Elle ne serait pas restĂ©e fidĂšle Ă  son poste d'observation pendant plus de quinze jours consĂ©cutifs si la premiĂšre fois, elle m'avait vue accidentellement ou si ça la choquait ou lui dĂ©plaisait de me voir me branler. Si elle Ă©tait lĂ  tous les jours c'est que ça lui plaisait ou peut-ĂȘtre mĂȘme, l'excitait. Pour ma part, j'adorais ĂȘtre vue quand je me masturbais et jouissais. Cette idĂ©e me trottait dans la tĂȘte et, dans mon fantasme, la distance entre sa fenĂȘtre et celle ma chambre diminuait petit Ă  petit jusqu'Ă  ce que brusquement jaillisse cette idĂ©e : et si j'allais me branler devant elle... mais chez elle ? En reprenant mes esprits j'ai tout de suite refoulĂ© l'idĂ©e ; mais plus je l'Ă©cartais du champ des possibles, plus elle me revenait avec des arguments convaincants.

Enfin quoi ! Visiblement elle aimait me regarder me branler. La premiĂšre ou la deuxiĂšme fois, je ne dis pas, ça peut ĂȘtre de la curiositĂ©. Mais au bout d'une quinzaine de jours, ce n'Ă©tait plus de la curiositĂ© ; c'Ă©tait qu'elle aimait voir, regarder, mater. De mon cĂŽtĂ©, j'adorais qu'elle me regarde me branler. C’est comme si je partageais un moment d’intimitĂ© avec quelqu’un . Est-ce que me branler devant elle mais chez elle aurait altĂ©rĂ© nos goĂ»ts et nos penchants ? Non ! Ou peut-ĂȘtre si, mais seulement en les amplifiant, vu la proximitĂ©. Oui, mais comment faire ? Le comment m'a tracassĂ© pendant plusieurs jours et quand j'allais Ă  mon rendez-vous de seize heures sur mon lit, j'Ă©tais encore plus excitĂ©e car Ă  chaque fois que je me branlais, je m'imaginais qu'elle Ă©tait Ă  cĂŽtĂ© de moi, assise sur le lit pendant qu'en toute impudeur, je m'offrais Ă  son regard, ce qui amplifiait d'autant plus mon orgasme. Je jouissais pour elle.

Il m’a fallu encore deux ou trois jours avant que je me dĂ©cide Ă  faire quelque chose. Je me suis posĂ© beaucoup de questions : comment faire ? Qu’allais-je lui dire et comment lui dire ? Comment pouvait-elle rĂ©agir, vu le peu de connaissance que j’avais d’elle ? Quels Ă©taient les risques ? Et puis ce n'Ă©tait pas facile pour moi d'aborder quelqu'un pour la premiĂšre fois en lui avouant mes petits travers. D'un autre cĂŽtĂ© ce n'Ă©tait pas Ă©vident non plus qu'elle aussi, avoue les siens. Un mauvais contact pouvait tout gĂącher et entraĂźner des dĂ©nĂ©gations de sa part, dĂ©nĂ©gations qui auraient inexorablement compromis une suite possible. AprĂšs avoir tournĂ© et retournĂ© le tout dans ma tĂȘte, j’en suis arrivĂ©e Ă  la conclusions que le seul risque possible ne pouvait ĂȘtre, au pire, qu’un refus.

Le lendemain matin vers les dix heures, je suis donc sortie de chez moi, ai fait le tour du pĂątĂ© de maisons pour aller dans le boulevard oĂč se trouvait l’entrĂ©e de son immeuble. Et je suis montĂ©e au troisiĂšme Ă©tage. ArrivĂ©e sur le palier il y avait deux portes mais je ne savais pas laquelle Ă©tait celle de son appartement. Il me semblait bien que c’était elle de gauche mais je n’en Ă©tais pas sure. J’ai Ă©coutĂ© aux deux portes : silence total. Je me suis dit que j’allais attendre que quelqu’un arrive ou sorte d’un appartement pour dĂ©duire lequel Ă©tait le sien. J‘ai donc sorti un livre de mon sac, je me suis assise sur le palier, les pieds posĂ©s deux marches en dessous et je me suis mise Ă  lire en attendant. J’avais du mal Ă  fixer mon attention sur la lecture. Les aleas de ce qui allait se produire me travaillaient. Et j’ai dĂ» au moins une bonne dizaine de fois me ressaisir et revenir Ă  ma lecture.

Il s’était bien Ă©coulĂ© une demie heure ou trois quarts d’heure depuis que j’avais commencĂ© ma lecture quand j’ai entendu monter dans les escaliers. Ce n’était pas mon jour de chance car avançant la tĂȘte pour voir qui arrivait, j’ai n’ai pas vu une personne mais ai vu un couple monter et
 s’arrĂȘter au troisiĂšme Ă©tage aprĂšs que je me sois un peu poussĂ©e sur le cĂŽtĂ© pour les laisser passer. La femme, il m’a semblĂ© la reconnaĂźtre et j’étais presque sure que c’était elle d’autant plus que je l’ai sentie surprise de me voir lĂ . Quand on monte dans un escalier et qu’on trouve une jeune femme assise sur un palier, ça me semble naturel qu’on se dise : « tiens, qu’est-ce qu’elle fait lĂ  ? » Mais je n’ai pas eu le sentiment que sa surprise Ă©tait due au fait de voir une personne assise sur un palier Ă  attendre. J’avais senti qu’elle m’avait reconnue elle aussi et donc, grosse surprise, un peu comme si je reprĂ©sentais une menace pour elle. « Que venait-elle donc faire lĂ  ? » a-t-elle dĂ» se dire en me voyant. Quant Ă  l’homme, je me suis rassurĂ©e en le voyant car aprĂšs lui avoir souhaitĂ© une bonne journĂ©e il s’est dirigĂ© vers l’autre porte que celle qu’elle s’apprĂȘtait Ă  ouvrir. Elle a d’ailleurs pris tout son temps pour le faire. A mon avis elle traĂźnait pour laisser le temps Ă  son voisin de rentrer chez lui. Une fois celui-ci disparu, j’ai tout de suite pris l’initiative de la conversation.

– Bonjour, est-ce que je peux vous demander quelque chose ?

– Euh... oui, de quoi s’agit-il ? M’a-t-elle dit l’air un peu inquiet.

– Vu ce que j’ai Ă  vous dire, je crois qu’il vaudrait mieux en discuter chez vous, Ă  moins que vous ne prĂ©fĂ©riez que nous en parlions devant un cafĂ© au cafĂ© du coin. Que prĂ©fĂ©rez-vous ?

AprÚs une petite hésitation :

– Bon, rentrez je vais vous prĂ©parer un cafĂ©.

Elle m’a proposĂ© de m’asseoir sur le canapĂ© de son salon le temps qu’aille prĂ©parer ce cafĂ©. Pendant ce temps lĂ , assise, je regardais partout. C’était arrangĂ© avec un goĂ»t un peu diffĂ©rent du mien mais pas dĂ©plaisant. En posant les yeux sur la fenĂȘtre, je reconnus ces rideaux. C’était donc d’ici qu’elle me regardait ! L’envie mais le trac aussi commençait Ă  monter. Je dĂ©cidais donc d’aborder moi-mĂȘme la conversation dĂšs qu’elle reviendrait. C’est plus facile d’en avoir le contrĂŽle quand on prend les initiatives.

Elle est revenue avec une cafetiĂšre et deux tasses ainsi qu’une coupelle contenant du sucre sur un plateau qu’elle a posĂ© sur la table basse le temps d’aller prendre une chaise, la mettre face Ă  moi de l’autre cĂŽtĂ© de la table, de s’asseoir et de me regarder d’un air interrogateur, l’air de dire : « Mais enfin, de quoi s’agit-il ? »

J’ai pris une grande inspiration et en m’adressant à elle, je lui ai dit :

– S’il vous plait, je vous demanderai tout d’abord de bien vouloir me laisser parler sans m'interrompre, me rĂ©pondre et sans dire quoi que ce soit car ce n’est pas facile pour moi. Mais quand j’aurai fini, j’aimerais que vous me rĂ©pondiez franchement et en toute sincĂ©ritĂ©.

– D’accord, mais de quoi s’agit-il ?

Ffffff ! Son « de quoi s’agit-il ? » avait vraiment de quoi refroidir l’ambiance que j’aurais aimĂ©e intime, chaleureuse, bienveillante


– VoilĂ , dis-je pour commencer et me donner du courage. Il m’a semblé  enfin, je veux dire que je suis presque certaine que
 pendant mes moments d’intimitĂ© dans ma chambre qui est en vis-Ă -vis avec cette fenĂȘtre-ci, disĂ©-je en la montrant du doigt, j’ai eu le sentiment que vous m’observiez


Je l’ai sentie se raidir un peu et pour Ă©viter qu’elle ne reprenne la parole, j’ai enchaĂźnĂ© :

– J’ai eu le sentiment que vous m’observiez
 et ça m’a fait trĂšs plaisir lui ai-je dit avec empressement et avec un grand sourire pour la rassurer que la conversation n'allait pas tourner en reproches. On ne va pas se mentir et continuer ad vitam ĂŠternam Ă  faire semblant de jouer au chat et Ă  la souris. Je vais ĂȘtre trĂšs sincĂšre avec vous : si cela vous fait plaisir de me regarder, moi ça me fait trĂšs plaisir que vous me regardiez. Je suis comme ça, je n’y peux rien. J’aime qu’une femme me regarde quand je me fais jouir. Et franchement, si ça vous a satisfaite aussi, tant mieux car ça voudrait dire que nous sommes complĂ©mentaires et que l’on pourrait peut-ĂȘtre faire en sorte d’y trouver satisfaction toutes les deux.

Bien que j’en doute, il se peut que je me sois totalement trompĂ©e et si c’était le cas, je vous prierai de bien vouloir m’excuser pour cette proposition. Je vous aurai dĂ©voilĂ© Ă  tort une partie de mon intimitĂ© qui n’a rien de particuliĂšrement choquant mais qui peut trĂšs bien ne pas vous convenir du tout. Si c’est le cas dites-le moi franchement et acceptez encore une fois mes excuses de vous avoir ainsi abordĂ©e.

Mais sincĂšrement, si vous avez Ă©prouvĂ© une quelconque satisfaction Ă  me regarder derriĂšre vos rideaux, n’ayez surtout pas peur ni honte de me le confier. Soyez assurĂ©e que je ne porterai sur vous aucun jugement pour ce goĂ»t que vous avez car, soit dit entre nous, je serais mal avisĂ©e d’en avoir un puisqu’il me fait plaisir Ă  moi aussi. Et je me disais, si c’était le cas, plutĂŽt que me regarder dans ma chambre, de loin et Ă  travers vos rideaux, pourquoi ne regarderiez-vous pas de plus prĂšs, devant vous, Ă  portĂ©e de main ?

Je me suis arrĂȘtĂ©e et, en prenant ma tasse Ă  cafĂ© pour en boire une gorgĂ©e avant qu’il ne soit froid, je l’ai regardĂ©e comme si j’attendais une rĂ©ponse.

– Euh
 dit-elle comme surprise de la proposition Ă  laquelle elle ne s'attendait certainement pas et aussi gĂȘnĂ©e d'avoir Ă  rĂ©pondre Ă  une question aussi directe.

Finalement, avant qu’elle n’aille plus loin et aussi par peur d’un refus, j’ai immĂ©diatement repris la conversation, ou plutĂŽt le monologue.

– Je ne suis pas venue avec l’idĂ©e de vous offrir immĂ©diatement un spectacle. J’avais avant tout l’envie d’en discuter avec vous, de vous confier que ça me fait vraiment trĂšs trĂšs plaisir de vous avoir rencontrĂ©e et que si la proposition que je vous fais de venir le faire devant vous ne vous convient pas, ça ne me gĂȘne pas du tout, bien au contraire, que vous continuiez Ă  me regarder dans ma chambre Ă  partir d’ici mais Ă  vrai dire, j’éprouverai beaucoup plus de plaisir –et je suppose que vous aussi– si je vous sentais proche de moi pendant que je m’amuse Ă  me faire plaisir. Proche de moi, soit chez moi, soit chez vous. Je ne suis pas venue vous voir avec l’espoir d’avoir une rĂ©ponse immĂ©diate. Je suis venue vous voir pour vous confirmer que nous avons des goĂ»ts complĂ©mentaires et que j’ai vraiment apprĂ©ciĂ© que vous me regardiez, pour en parler avec vous, pour vous proposer une autre forme de relation car, ne le niez pas, depuis quelques semaines nous avons toutes les deux une sorte de relation particuliĂšre et qui plus est, particuliĂšrement plaisante ; distante, certes, mais intime, quand mĂȘme ! Je me disais que vous pouviez prendre le temps de rĂ©flĂ©chir et voir si cette relation ne pouvait pas Ă©voluer avec un peu plus de proximitĂ©. Personnellement, j’apprĂ©cierai beaucoup. Maintenant je ne veux absolument pas vous inciter Ă  faire des choses que vous n’avez pas envie de faire


LĂ , j’ai dĂ©cidĂ© d’attendre sa rĂ©ponse, quelle qu’elle fĂ»t.

– Cela me gĂȘne beaucoup et je ne sais que vous rĂ©pondre. C’est vrai que c’est par hasard que je vous ai surprise en train de 
 enfin
 et que ça m’a remuĂ©e
 et Ă©moustillĂ©e, mĂȘme. C’est vrai aussi qu’en vous revoyant le lendemain, je me suis mise Ă  penser et Ă  souhaiter que ce soit votre habitude
 C’est difficile pour moi aussi de devoir l’admettre mais c’est vrai que j’éprouve une satisfaction certaine Ă  regarder un couple ou une personne dans son intimitĂ©. Vous avez eu la franchise de m’avouer avoir un tempĂ©rament un peu... exhibitionniste, disons ; ce ne serait pas honnĂȘte vis-Ă -vis de vous de ne pas reconnaĂźtre mon dĂ©faut


– Mais ce n’est pas un dĂ©faut ! C’est pour moi une qualitĂ© et je suis ravie que vous l’ayez ! Ce serait un dĂ©faut si les personnes que vous regardez voulaient prĂ©server leur intimitĂ© et que vous fassiez tout pour outrepasser leur souhait. Mais si vous prenez du plaisir Ă  me regarder et que cela coĂŻncide avec le mien, il n’y a pas de dĂ©faut ! Il y a seulement deux personnes qui ont trouvĂ© un terrain d’entente, une complĂ©mentaritĂ©. HonnĂȘtement, moi ça me fait plaisir de me masturber devant vous ! A la limite pour pourriez me dire vous aussi que je suis perverse. Allez-vous me considĂ©rer avec un regard outrĂ© parce que je satisfais une de vos tendances que justement j’apprĂ©cie ? Mon Dieu, non ! Tant que cela reste entre personnes consentantes, que ça ne cause de tort Ă  personne mais nous procure du plaisir Ă  toutes les deux, je pense qu’il n’y a pas lieu de se torturer l’esprit. Restons simples et acceptons le fait. Faisons-nous plaisir et permettez-moi de vous montrer de prĂšs ce que vous n’avez vu jusqu’ici que de loin.

– 


– Je sens que vous hĂ©sitez encore, je me trompe ?

– Je ne sais pas
 Mais... euh... 
 vous le feriez, là ? Maintenant ?

Mon cƓur se mit à battre


– Vous aimeriez ?

– 
 ... 
à vrai dire, oui.

Je l’ai regardĂ©e et lui ai fait un sourire qui me venait du fond des tripes, un sourire de soulagement, un sourire de libĂ©ration aprĂšs un bon moment de tension, un sourire qui a dĂ» trĂšs probablement lui enlever ses derniers scrupules en lui montrant que son acquiescement me faisait trĂšs plaisir. Je n’arrĂȘtais pas de la regarder tellement son petit « oui » timide m’avait chamboulĂ©e. Un petit « oui » dans lequel, bien que le mot fĂ»t court, on sentait une vraie envie mais encore toute pleine de retenue. Je la trouvais belle tout d’un coup. Elle devait avoir environ ******* de plus que moi. Son visage qui jusqu’ici ne m’inspirait guĂšre que celui d’une personne Ă  convaincre et donc, potentiellement non encline Ă  suivre mes envies ; je le voyais maintenant beaucoup plus cordial, plus avenant, plus beau. Je le percevais comme celui d’une personne d’ores et dĂ©jĂ  prĂ©disposĂ©e Ă  partager mes penchants et mes goĂ»ts. Je voulais ĂȘtre sure d’avoir bien entendu et rĂ©pĂ©tais :

– C’est bien vrai ? Vous aimeriez vraiment ?

– Oui, s’enhardit-elle, d’une voix plus affermie, probablement rassurĂ©e sur le fait que j’apprĂ©ciais son inclination et ne portait sur elle aucun jugement nĂ©gatif ou rĂ©probateur.

Je me suis alors levĂ©e du canapĂ©, ai contournĂ© la table basse de salon, me suis mise devant elle et lui ai posĂ© les mains sur les Ă©paules, lui intimant ainsi par ce geste de rester assise. Puis, j’ai pris le plateau avec les tasses Ă  cafĂ©, l’ai posĂ© sur la grande table de la salle Ă  manger-salon et je suis revenue Ă  ma place pour prendre la table basse et la dĂ©placer sur le cĂŽtĂ© afin qu’il n’y ait plus rien entre sa chaise et le canapĂ©. Je suis revenue vers elle, comme si j’allais me m’installer Ă  nouveau sur le sofa, mais au lieu de m’asseoir, j’ai commencĂ© Ă  dĂ©boutonner mon jean. DĂ©jĂ  qu’il faisait chaud, la situation que j’avais installĂ©e n’avait rien en elle-mĂȘme qui pĂ»t rafraĂźchir l’atmosphĂšre. Je l’ai vue avaler sa salive. J’avais la peau un peu moite. De ce fait, en descendant petit Ă  petit mon jean de mes hanches, ma culotte avait du mal Ă  s’en dĂ©tacher et descendait en mĂȘme temps que lui. Un instant, j’ai voulu les sĂ©parer tous les deux pour commencer Ă  n’enlever que le jean. Mais tout compte fait, j’ai laissĂ© venir comme ça. Essayer quand mĂȘme m’aurait obligĂ©e Ă  des contorsions qui auraient rompu le charme de l’effeuillage et de plus, ça pouvait donner l’impression au premier abord, mĂȘme si l’on se rendait compte de l’erreur par la suite, que me trouvant nue en baissant le jean, je ne portais pas de culotte, ce qui donne toujours un petit cĂŽtĂ© coquin et qui m’arrive parfois.

Le jean sur les chevilles, je me suis assise pour retirer mes chaussures et pouvoir enfin me dĂ©barrasser de ce vĂȘtement. Toujours assise et sans la quitter des yeux, j‘ai ouvert quatre boutons de mon chemisier en n’en laissant boutonnĂ©s que deux. Puis j’ai lentement glissĂ© mes mains le long de mes cuisses nues, jusqu’aux genoux, ai basculĂ© les mains vers l’intĂ©rieur pour les ramener vers moi en caressant l’intĂ©rieur des cuisses tout en les Ă©cartant lentement mais en mesurant bien l’allure pour qu’en fin de course, les mains quasiment sur mon sexe, j’aie les genoux bien Ă©cartĂ©s, ouverts Ă  la vue de ma spectatrice. Je me suis laissĂ©e aller en arriĂšre pour m’adosser et m’installer confortablement sur le divan, les yeux fermĂ©s, la tĂȘte en arriĂšre reposant sur le dossier et j’ai commencĂ© Ă  me branler avec voluptĂ© comme si j’étais seule en m’abandonnant avec plaisir Ă  son regard.

J’étais heureuse. Heureuse et excitĂ©e Ă  la fois. J’avais les yeux fermĂ©s mais je la sentais lĂ , Ă  deux pas en train de m’observer. Je l’imaginais la bouche ouverte, le souffle court, avalant avec difficultĂ© sa salive, ses yeux me parcourant le corps de la gorge aux pieds en s’attardant sur mes seins qu’on ne voyait pas pleinement mais qu’on devinait dans la grande Ă©chancrure du chemiser, sur mon ventre qui palpitait, sur mon sexe et mes doigts qui s’activaient sur mon petit bouton du plaisir. Je la devinais me dĂ©vorant des yeux. Et moi, j’étais lĂ , Ă  moins d’un mĂštre en train de me branler dĂ©licieusement devant elle, jouissant dĂ©jĂ  du plaisir que j’éprouvais Ă  me montrer devant elle en toute impudeur. J’avais aussi l’impression diffuse que j’installais entre nous une sorte de complicitĂ©. Pour moi, c’est une forme de confiance absolue que de se branler devant quelqu’un. On partage avec elle son intimitĂ© sans crainte d’ĂȘtre jugĂ©e, en Ă©tant soi, tout simplement. C’est une preuve de confiance qu’on lui donne. J'Ă©tais heureuse et une sensation de chaleur, autre que climatique cette fois-ci, m'envahissait. Une sensation de chaleur liĂ©e Ă  l'excitation qui vous embrase quand l'un de vos fantasme devient rĂ©alitĂ©. J'Ă©tais en train de me branler et j'avais une spectatrice Ă  portĂ©e de main. Mais une vraie spectatrice, pas quelqu'un qui m'avais surprise par hasard, non, une femme qui restait lĂ  volontairement et prenait vraiment plaisir Ă  me voir me masturber. J’ai adorĂ© cet instant lĂ .

La situation m'excitait tellement que je mouillais de plus en plus et le titillement de mes doigts sur mon clitoris et mes lĂšvres faisait entendre un clapotis de plus en plus fort mais aussi de plus en plus excitant. J'avais l'impression de ne plus entendre que ce clapotis de plaisir. J'ai lĂ©gĂšrement relevĂ© la tĂȘte du dossier du sofa pour la regarder. On aurait dit qu'elle me dĂ©vorait des yeux. Tu peux difficilement imaginer comme j'Ă©tais heureuse. Elle a fini par quitter les yeux de mes doigts qui s'activaient de plus en plus vite sur mon sexe pour les lever plus haut, mon ventre palpitant, mes seins Ă  peine cachĂ©s et finir par se faire prendre par mon regard. Je continuais Ă  me branler tout en la regardant droit dans les yeux et en lui souriant, reconnaissante envers elle qui allait assister Ă  mon orgasme. La situation Ă©tait trop excitante pour moi pour que je puisse continuer encore longtemps. Je sentais dans le ventre des vagues Ă©normes qui se prĂ©paraient. Alors je lui ai tendu ma main gauche, libre, pour lui faire comprendre qu'elle me donne la sienne parce que j'allais bientĂŽt jouir. Complice, elle me l'a donnĂ©e et je l'ai serrĂ©e de plus en plus fort au fur et Ă  mesure que l'orgasme commençait Ă  m'emporter. Je ne pouvais plus la quitter des yeux pendant que je jouissais. Je ne pouvais plus parler, je haletais et c'Ă©tait mes yeux qui la regardaient avec intensitĂ© comme pour dire : « Oh, ma chĂ©rie, merci de me regarder jouir, merci de me donner tant de plaisir ! Regarde bien ce que ta prĂ©sence dans ce moment si intime provoque en moi. Je jouis pour toi et je t'offre cette jouissance car c'est Ă  toi que je la dois. Merci de cette complicitĂ© que tu as bien voulu installer. Je t'aime. »

Pendant les vingt Ă  trente secondes qu’a durĂ© mon orgasme, j'Ă©tais prĂȘte Ă  tout pour elle, Ă  lui dire « Je t'aime » alors que c'Ă©tait la premiĂšre fois que je lui parlais. Mais quand on jouit, en plus devant quelqu'un qui fait partie de son fantasme, on est prĂȘte Ă  tout, Ă  accepter n'importe quoi de celle qui, par sa prĂ©sence, vous donne tant de plaisir.

L'orgasme passĂ©, la tension retombĂ©e je me suis laissĂ©e aller sur sofa, dĂ©tendue, presque Ă©puisĂ©e de tant d’émotions. Je la regardais. Elle me regardait. Nous Ă©tions les yeux dans les yeux. Je lui ai fait un sourire, comme dirait Brel Ă  dĂ©croisser la lune, un sourire de plaisir, de dĂ©tente, de reconnaissance. J’étais lĂ  devant elle, les jambes Ă©cartĂ©es, la main qui reposait sur mon sexe, dĂ©tendue. J'Ă©tais bien. Elle m'a rendu mon sourire et j'ai immĂ©diatement compris grĂące Ă  lui que nous n'en resterions pas lĂ  toutes les deux. De toute Ă©vidence on se reverrait. Le plaisir que nous avions pris toutes les deux ne pouvait Ă©videmment pas ĂȘtre qu'occasionnel et le dernier. C'Ă©tait le contenu de cette conversation silencieuse, de nos regards et des sourires que nous Ă©changions pendant tout le temps qu'a durĂ© ma « redescente sur terre ».

AprĂšs un long moment de silence –non pas un silence de gĂȘne, mais un silence de prise de conscience que quelque chose de grand venait de se produire– j'ai poussĂ© un long soupir de soulagement, de satisfaction. Je l'ai longuement regardĂ© dans les yeux et le plus sincĂšrement du monde je lui ai dit :

– merci.

On ne se lùchait pas du regard et, aprÚs un temps d'hésitation elle m'a répondu :

– tu as bien fait de venir.

Mon cƓur s'est remis Ă  battre car le seul fait qu'elle m'ait tutoyĂ© m'a confortĂ©e dans l'idĂ©e que nous nous reverrions. C'Ă©tait Ă©vident ! AprĂšs avoir toutes les deux rĂȘvĂ© et mĂ©ditĂ© quelques instants sur ce « merci » et ce « tu as bien fait de venir », j'ai dit, l'air mi-figue mi-raisin :

– je crois que le cafĂ© doit ĂȘtre froid...

On s'est mis Ă  rire toutes les deux et elle m'a dit en se levant et se dirigeant vers la cuisine :

– je vais en faire rĂ©chauffer, ça nous fera du bien.

AprĂšs un petit moment nĂ©cessaire pour me remettre de mes Ă©motions, j'ai profitĂ© de son absence pour me lever, rĂ©ajuster mon chemisier, remettre ma culotte et renfiler mon jean. J'Ă©tais en train de finir de reboutonner mon jean quand elle est revenue avec la cafetiĂšre. Nous nous sommes assises Ă  la table du salon. Elle resservi du cafĂ© et, peut-ĂȘtre inconsciemment pour dĂ©samorcer l'incongruitĂ© de la situation, nous avons parlĂ© un peu de tout et de rien : chiffons, voisins, spectacles, etc. ; en tout cas d'autres choses que ce qui avait occasionnĂ© notre rencontre.

Au bout d'une demi-heure environ je me suis levée pour prendre congé ai repris mon sac et mon livre qui m'avait occupée en l'attendant. Tout en me dirigeant vers la porte, je me suis retournée et, d'un air que je voulais presque suppliant, lui ai demandé :

– on se reverra ?

– j'espĂšre bien que oui ! M'a-t-elle rĂ©pondu en souriant.

J'ai ouvert la porte, suis sortie et, avant qu'elle ne la referme, j'ai pris la carte de visite que j'avais mise dans le livre en guise de marque-page, la lui ai donnée et tout en l'embrassant amicalement sur les deux joues, lui ai demandé :

– tu m'appelleras ?

– promis.

– au fait, je m'appelle Isold.

– Isold ! Mais c'est joli, Isold ! Moi, c'est Marianne.

– au revoir et à bientît, Marianne

– au revoir.

Et la porte se referma.
Published by isold
8 years ago
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